Préoccupation au sujet des blessés et des morts parmi les manifestants au Yémen et en Egypte

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 20 décembre 2005 au Palais des Nations à Genève.

Yémen : L'UNHCR est affligé par la mort d'un Somalien et des blessures endurées par cinq autres manifestants somaliens et quatre policiers yéménites suite à un incident samedi en face de notre bureau à Sana'a, où la police a dispersé une foule de plus en plus agressive qui était là depuis le 13 novembre malgré des efforts en cours pour trouver une solution.

Depuis le début de la manifestation, l'UNHCR a cherché à trouver une solution pacifique à travers un dialogue. Le personnel de l'UNHCR a rencontré à plusieurs reprises les manifestants pour discuter leurs requêtes. Nous avons accepté de répondre à certaines, notamment davantage d'assistance pour les réfugiés vulnérables, une quantité plus nombreuse de personnel UNHCR parlant le somalien et davantage de soins médicaux. L'une de leurs principales revendications, la réinstallation vers un pays tiers n'est qu'une option pour les quelques cas vulnérables. Celle-ci ne peut se faire qu'à la discrétion des autorités des pays de réinstallation eux-mêmes et non pas à celle de l'UNHCR. L'enregistrement et l'établissement de cartes d'identité sont aussi solutionnés. Malgré les tentatives de l'UNHCR pour trouver une solution pour mettre fin au sit-in, à la fin de la semaine dernière, la foule a commencé à être de plus en plus agressive et a bloqué l'entrée des bureaux et a empêché le personnel d'en sortir. Les services de sécurité yéménites ont décidé d'intervenir pour ramener l'ordre.

L'UNHCR s'assure que les blessés reçoivent l'aide médicale et assiste la famille du décédé. Nous restons en contact avec les manifestants pour nous assurer que les accords décrits précédemment seront réalisés.

Les Somaliens qui entrent au Yémen obtiennent automatiquement le statut de réfugiés de la part des autorités. Fin octobre, quelque 79 000 réfugiés ont été enregistrés auprès de l'UNHCR au Yémen, plus de 68 000 d'entre eux provenaient de la Somalie. Les Somaliens au Yémen ont la possibilité de travailler et de rester dans le pays indéfiniment. La plupart des Somaliens vivent dans les zones urbaines, avec près de 7 500 qui vivent dans le camp de Kharaz dans le gouvernorat de Lahj au sud du pays.

Egypte : Malgré un accord conclu samedi 17 décembre entre les représentants des manifestants soudanais et l'UNHCR, un groupe de quelque 1 500 Soudanais continue de manifester au Parc Mostafa Mahmoud au Caire. Les représentants du mouvement ont accepté de mettre fin à leur manifestation après que l'UNHCR ait offert de répondre à plusieurs demandes. Toutefois, après être retournés au parc, les représentants n'ont pu convaincre les manifestants d'arrêter leur manifestation.

Les Soudanais se sont rassemblés dans ce parc depuis le 29 septembre pour protester contre leurs conditions de vie et demander la réinstallation vers des pays tiers. Durant toute cette période, l'UNHCR a fait tous ses efforts pour résoudre le conflit, coopérant étroitement avec les autorités égyptiennes, Adel Imam, l'ambassadeur de bonne volonté de l'UNHCR, des représentants locaux du gouvernement soudanais et enfin plusieurs ONG basées au Caire.

L'UNHCR est extrêmement préoccupé par la dégradation de la situation humanitaire et de la santé de ceux qui sont encore dans le parc, spécialement les femmes et les enfants. La semaine dernière, un jeune garçon et un homme sont morts. Le sit-in est devenu un problème d'ordre public et d'importance grandissante aux yeux des autorités égyptiennes.

L'UNHCR en appelle encore aux manifestants de mettre fin à leur manifestation dans le calme, selon l'accord conclu, et de travailler avec la représentation de l'UNHCR pour mettre en oeuvre les accords conclus samedi.

L'UNHCR assiste actuellement plus de 24 000 réfugiés et demandeurs d'asile soudanais au Caire, soit entre 1 et 2 % des millions de Soudanais dont la présence est présumée en Egypte. L'écrasante majorité n'a pas sollicité le statut de réfugié. Les réfugiés et demandeurs d'asile soudanais en Egypte continuent de bénéficier de la protection et de l'assistance, malgré de sérieuses contraintes de budget pour l'UNHCR et des besoins qui concurrencent ceux d'autres opérations.