Panama : des leaders indigènes colombiens fuient vers le Panama

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 19 mai 2006 au Palais des Nations à Genève.

Sept leaders d'un groupe indigène ont récemment été contraints de quitter leurs terres ancestrales par l'un des groupes armés illégaux de Colombie et ont dû fuir avec leurs familles vers le Panama voisin à cause des menaces et des craintes permanentes contre leur sécurité. Mardi, le groupe de 47 personnes est arrivé à bord de trois petits bateaux dans la région de Darien sur la côte pacifique du Panama après une traversée très difficile en mer.

Le directeur du bureau de l'UNHCR pour les Amériques, Philippe Lavanchy, en mission officielle au Panama cette semaine, a été informé de l'arrivée de ce groupe par l'instance nationale pour les Affaires des Réfugiés (ONPAR). Il s'est immédiatement rendu dans la région de Darien et s'est entretenu avec les autorités pour s'assurer que les nouveaux arrivants recevraient l'autorisation de rester et pourraient demander l'asile au Panama. Le Ministère de la Justice a confirmé plus tard que, selon les principes du droit international, les 47 personnes seraient autorisées à rester au Panama.

Les demandeurs d'asile sont membres du groupe indigène colombien des Wounaan. Début avril, des centaines de Wounaan ont fui leurs terres ancestrales dans l'ouest de la Colombie après que deux de leurs leaders aient été assassinés en 48 heures. Ils avaient trouvé refuge dans la petite ville de Istmina où Philippe Lavanchy, alors en mission en Colombie, les avait rencontrés une première fois. Il avait négocié avec les autorités locales l'amélioration des conditions de vie du groupe à Istmina et pris connaissance des préoccupations de la communauté déplacée. Parmi eux, plusieurs personnes avaient été directement menacées de mort par le groupe armé illégal qui a provoqué leur fuite.

Les sept leaders, arrivés au Panama cette semaine avec leurs familles, font partie du groupe de personnes qui a directement été menacé de mort. Ils ont indiqué avoir décidé de traverser la frontière car leur sécurité ne pouvait plus être assurée en Colombie. Le bureau de l'UNHCR au Panama assurera une aide humanitaire et juridique aux nouveaux arrivants. Un employé de l'UNHCR restera dans la région de Darien pour fournir une aide d'urgence et s'assurer que le groupe sera autorisé à rester et recevra la protection adéquate.

Pendant sa visite au Panama, Philippe Lavanchy a également rencontré le Président Martin Torrijos Espino, pour discuter de la situation de ce groupe ainsi que passer en revue la situation des réfugiés au Panama. La majorité des réfugiés et des personnes relevant du mandat de l'UNHCR au Panama vivent soit à Panama City, soit dans la région de Darien, une vaste zone de jungle inhospitalière qui forme la frontière entre le Panama et la Colombie. Beaucoup de ceux qui se trouvent au Darien sont des indigènes colombiens qui ont été contraints de fuir la violence dans leurs territoires de l'autre côté de la frontière.

L'UNHCR a plusieurs fois exprimé son inquiétude sur l'impact disproportionné du conflit colombien sur les communautés indigènes et a prévenu que certains des plus petits groupes sont menacés d'extinction à cause de leur déplacement important loin de leurs terres ancestrales.