Le HCR condamne les violences dirigées contre les rapatriés serbes au Kosovo

L'UNHCR condamne fermement un attentat à la bombe perpétré cette semaine contre une famille de rapatriés serbes dans la ville de Klina/Kline à l'ouest du Kosovo, blessant sérieusement quatre personnes. L'incident de mardi (19 septembre) a été également condamné par la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et par les autorités locales. Il a encore ajouté à l'angoisse et à la peur qui règnent au sein de la petite communauté des rapatriés serbes du Kosovo et au sein de la communauté locale.

Nous sommes particulièrement inquiets car il s'agit de la troisième attaque violente sur une courte période qui vise des rapatriés serbes dans la municipalité de Klina/Kline. Le 20 juin, un rapatrié serbe du Kosovo à Klina/Kline a été tué devant sa maison, et le 11 septembre la maison d'une famille de rapatriés serbes du Kosovo reconstruite a, à nouveau, été détruite.

Un total de 552 Serbes et de Roms sont rentrés dans la municipalité de Klina/Kline depuis 2000 - parmi eux, 113 sont rentrés dans la ville elle-même.

Les violences contre les rapatriés serbes et les Roms du Kosovo est un phénomène récurrent, qui varie en intensité et en fréquence. L'UNHCR considère qu'un environnement sûr et sécurisé est une condition cruciale pour le retour des groupes ethniques non albanais dans cette province. Chaque incident de sécurité a des conséquences graves sur l'ensemble du processus de rapatriement, et a des répercussions parmi la population déplacée non albanaise. L'UNHCR considère qu'il est impératif que les auteurs de tels actes soient retrouvés et poursuivis selon la loi.

Nous avons également lancé un appel aux autorités au Kosovo pour qu'elles continuent à assurer la sécurité de ceux qui sont rentrés dans la province et de ceux qui se préparent à revenir.

Début 1999, le Kosovo a été la scène d'atrocités et d'un déplacement forcé de centaines de milliers de personnes d'origine ethnique albanaise. Après la fin de l'intervention de trois mois de l'OTAN et suite à l'arrivée des troupes de l'OTAN au Kosovo à la mi-juin 1999, la plupart de la population albanaise du Kosovo est rentrée en quelques jours.

Au contraire, le retour au Kosovo des non-Albanais, qui a commencé en 2000, se fait très lentement. A ce jour, seulement quelque 15 600 retours parmi les membres des minorités ethniques ont été enregistrés - sur un total estimé à 250 000 personnes d'origine serbe, rom et autre qui ont quitté la province après le retrait des forces serbes en 1999. Il y a encore plus de 220 000 Serbes et Roms du Kosovo déplacés - plus de 207 000 d'entre eux sont en Serbie, le reste est au Monténégro.