Réinstallation de Palestiniens en Islande

Un groupe de 29 réfugiés palestiniens vulnérables, bloqués depuis deux longues années dans un camp de fortune dans le désert à la frontière entre l'Iraq et la Syrie, vont partir lundi pour commencer une nouvelle vie en Islande. Le groupe comprend certaines des femmes réfugiées les plus vulnérables, dont plusieurs ont perdu leurs maris pendant le conflit en Iraq - et leurs enfants. Compte tenu de leur vulnérabilité, le HCR considère leur réinstallation comme la seule option, et nous apprécions la décision prise par l'Islande de les accepter.

L'Islande accueille 25 à 30 réfugiés à des fins de réinstallation chaque année et a, ces dernières années, accordé une attention particulière à la réinstallation de femmes et de mères seules avec enfants. Les années précédentes, le pays a réinstallé des Colombiens et des réfugiés originaires des Balkans, notamment des Kosovars. L'Islande a soutenu activement les efforts du HCR pour augmenter le nombre des nouveaux pays de réinstallation. Elle a également offert de « parrainer » les nouveaux pays de réinstallation, particulièrement sur la manière d'aider les réfugiés à intégrer leur nouveau foyer.

Environ 2 300 Palestiniens continuent à vivre dans des conditions désespérées dans les deux camps de réfugiés situés le long de la frontière entre l'Iraq et la Syrie - Al Waleed en Iraq et Al Tanf dans le no-man's land entre les frontières iraquienne et syrienne.

Sur les quelque 34 000 Palestiniens qui vivaient en Iraq en 2003, on estime que 10 à 15 000 se trouvent toujours sur place. Le camp d'Al Waleed héberge actuellement plus de 1 400 réfugiés, alors que le camp d'Al Tanf a quasiment doublé de taille depuis octobre 2007 et compte quelque 900 réfugiés.

Un autre groupe de 155 Palestiniens venus d'Al Tanf devrait être réinstallé prochainement en Suède.

Les étés dans ce camp installé dans le désert sont incroyablement chauds, alors que les températures hivernales peuvent descendre en dessous de zéro. En général, les conditions de vie sont extrêmement difficiles, avec un minimum de services à disposition. Les serpents et les scorpions sont nombreux. Du fait du manque de soins médicaux appropriés, la santé de beaucoup de réfugiés s'est gravement détériorée. Les travailleurs de santé palestiniens à Al Waleed - qui voient les patients au quotidien - ont identifié de nombreuses pathologies, allant du diabète, aux handicaps de naissance, en passant par des problèmes rénaux, des cancers et des traumatismes graves. Le centre médical adéquat le plus proche en Iraq est à plus de 400 kilomètres et les patients doivent y être transportés en taxi.

Le HCR a régulièrement appelé à un soutien international pour les Palestiniens, mais n'a obtenu que peu de résultats. Peu de Palestiniens des camps frontaliers ont été acceptés pour réinstallation ou se sont vus offrir un accueil par des pays tiers. Seuls quelque 300 Palestiniens ont pu bénéficier d'une réinstallation exceptionnelle dans des pays tels que le Brésil et le Chili. Certains cas médicaux urgents ont été pris en charge par un petit nombre de pays européens, mais cela représente une très petite proportion des 2 300 Palestiniens toujours bloqués dans le désert.

Le HCR continue de plaider en faveur de solutions alternatives à visage humain, dans l'espoir que tous les Palestiniens puissent quitter les terribles conditions de vie des camps. Leur relocalisation ne devrait, en aucun cas, porter atteinte à leur droit au retour, si et lorsque cela sera possible.