Appel urgent pour la réinstallation d'ex-Palestiniens d'Iraq

Avant les consultations bi-annuelles informelles du HCR avec des pays de réinstallation mercredi 15 octobre, le HCR a publié un appel urgent pour la réinstallation de réfugiés palestiniens. La plupart d'entre eux sont bloqués depuis plus de deux ans dans deux camps à la frontière entre la Syrie et l'Iraq ainsi qu'à Bagdad. Un petit groupe est par ailleurs bloqué dans le camp d'Al Hol en Syrie.

Sur les quelque 34 000 Palestiniens d'Iraq en 2003, moins de 15 000 se trouvent toujours en Iraq - notamment 2 943 réfugiés palestiniens qui vivent actuellement dans les camps à la frontière entre l'Iraq et la Syrie. Ceux qui se trouvent dans ces camps à la frontière, 358 familles (soit 1 278 personnes) sont considérés comme extrêmement vulnérables - ils ont des maladies menaçant leur pronostic vital, ils ont besoin d'un traitement médical d'urgence ou ils craignent les persécutions en cas de retour - par conséquent, ils ont un besoin urgent de réinstallation.

La majorité d'entre eux ont fui Bagdad depuis 2003 à cause des menaces, de la torture, de l'emprisonnement et après avoir que certains de leurs amis ou membres de leur famille aient été tués. L'épuisement progressif de leurs ressources financières a précipité ces familles de la classe moyenne dans la pauvreté. Ils ont besoin d'hébergement, de nourriture, d'assistance médicale et d'allocation financière en espèces.

Les réfugiés dans les camps sont particulièrement vulnérables à cause de leur non-admission (camps d'Al Waleed et d'Al Tanf) ou de leur admission temporaire (camp d'Al Hol) sur le territoire syrien et de leur crainte de persécution en cas de retour. De plus, les conditions de vie dans les camps à la frontière sont extrêmement difficiles et dangereuses. Elles continuent à se détériorer. Les réfugiés font face à des températures extrêmes et de fréquentes tempêtes de sable dans les camps du désert. La sécurité y est minimale. Dans le camp d'Al Waleed, la santé des réfugiés continue à se détériorer car les services médicaux sont limités. Des fosses d'eaux usées à ciel ouvert se trouvent à proximité des tentes et des installations de cuisine. Les services médicaux les plus proches se trouvent à 400 kilomètre de distance et aucun service d'ambulance n'existe. Tous les camps dépendent entièrement de l'assistance du HCR et de ses partenaires, comme le Comité international de la Croix-Rouge, pour qui l'accès dans ces camps demeure très difficile.

Ces dernières années, le HCR a recherché activement des solutions pour ces réfugiés, comme la réinstallation dans ou hors de la région. Entre 2006 et 2008, quelque 381 personnes ont été réinstallées au total, la plupart dans des pays qui ne sont traditionnellement pas des pays de réinstallation, comme le Brésil ou le Chili. Quelques-unes sont parties pour le Danemark, les Pays-Bas, l'Islande, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Un autre petit groupe devrait partir pour la Suède.

Cependant, cela demeure insuffisant et avec la détérioration des conditions de vie, le HCR lance une fois de plus un appel pour des actions urgentes à entreprendre de la part des pays de réinstallation partout dans le monde. Le HCR réunit deux fois par an des consultations informelles avec des pays de réinstallation et une fois par an des consultations entre des pays de réinstallation et des organisations non gouvernementales. Des appels éclair pour une réinstallation d'urgence ne sont publiés que lorsqu'une attention particulière est requise sur un problème spécifique.