Poursuite des déplacements de population en RDC

En République démocratique du Congo, le nombre de civils déracinés par les raids incessants menés par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dans la région de Lubero au Nord-Kivu ces sept dernières semaines, a dépassé le chiffre de 100 000. Une série d'attaques concertées menées par le groupe rebelle contre les villageois de Luofu, Kirumba, Kanyabonga et Kayna près de Lubero, à 170 kilomètres au nord de Goma, ont provoqué la mort et la destruction et elles ont causé un déplacement de population incessant.

Selon les autorités locales, les FDLR ont mené un raid sur le village de Luofu près de Lubero vendredi, tuant 7 personnes, dont 5 enfants et brûlant 255 cases. Les habitants paniqués ont passé la nuit dans la brousse alors que d'autres ont fui vers la ville voisine de Kirumba. Cependant, les FDLR auraient encerclé la ville de Kirumba depuis dimanche, menaçant d'entrer dans la ville.

Beaucoup des déplacés qui se cachent dans la forêt se trouvent sans aucune assistance. Dans le même temps, les agences humanitaires sont dans l'impossibilité de distribuer des biens de secours essentiels à cause des attaques imprévisibles et des déplacements de population. Un autre facteur s'ajoute à l'insécurité qui règne en RDC : il s'agit de la tactique adoptée par les FDLR qui attaquent les véhicules commerciaux sur la route principale reliant Lubero à Goma dans le sud, vers Beni dans le nord et vers la frontière ougandaise dans l'est.

Les FDLR ont repris leurs attaques de représailles contre les civils dans le Nord-Kivu après que la RDC et le Rwanda aient mis fin leur offensive militaire conjointe contre le groupe rebelle le 20 janvier dernier.

Avec cette dernière éruption de violence, nous estimons que plus d'1,4 million de personnes déplacées se trouvent actuellement dans l'est de la RDC. Parmi elles, environ un million ont été contraintes à fuir leurs maisons dans la seule province du Nord-Kivu, en proie à des troubles, à cause des combats incessants, de l'anarchie généralisée, des pillages, des destructions de maison et des camps, des assassinats et des viols. Beaucoup de ces personnes ont été déplacées plusieurs fois et les familles sont souvent séparées. Cette anarchie et cette insécurité généralisées continuent d'empêcher les opérations d'assistance, à hauteur de l'ampleur et de l'envergure de la crise de déplacement de populations dans l'est de la RDC.

Depuis le début de la détérioration de la situation au Nord-Kivu à la mi-2007, nous avons envoyé plusieurs équipes d'urgence et nous avons mis en place une structure de coordination et de gestion de camps sur les sites accueillant des déplacés, des sites établis et gérés par le HCR. Actuellement, nous gérons 11 sites de ce type pour les personnes déplacées internes dans l'est de la RDC. Nos efforts d'assistance comprennent la construction de nouveaux camps, l'enregistrement des populations déplacées, la distribution de biens de secours, notamment des couvertures, des bâches en plastique, des jerrycans, du savon, du bois de chauffage et d'autres articles. Nos équipes continuent également de procéder au contrôle de la situation des droits humains parmi les populations déplacées en situation de risque dans l'est de la RDC.