Le HCR reconstruit des maisons pour des Iraquiens sans abri

Le HCR reconstruit des magasins et des maisons pour des milliers de civils habitant dans une ville située au nord de l'Iraq et qui a subi des bombardements dévastateurs.

Avant : Des travailleurs (à gauche) rénovent un batiment endommagé à Taza. Après : La maison (à droite) une fois terminée, peinte en blue.  © HCR Photos

TAZA, Iraq, 26 octobre (HCR) - Pratiquement trois mois après une explosion massive ayant soufflé la ville de Taza et causé la mort de près de 90 personnes, la plupart des maisons détruites ont été reconstruites et les affaires sont à nouveau florissantes dans le principal marché de cette ville du nord de l'Iraq, qui avait été lourdement endommagée.

Ce bombardement était alors la pire attaque subie par les civils en Iraq depuis mars 2008, et la majorité des victimes appartenaient à la communauté dominante turkmène. Toutefois grâce à l'aide du HCR et de ses partenaires, cette ville située dans le gouvernorat de Kirkuk se remet très rapidement des atrocités subies.

Immédiatement après l'explosion, des employés du HCR sur le terrain s'étaient rendus à Taza pour y évaluer les dommages et y distribuer une aide d'urgence aux survivants. L'équipe avait alors identifié environ 160 maisons, pour la plupart construites à base de briques de terre, qui avaient été totalement détruites, et 400 autres qui avaient été endommagées. De ce fait, environ 3 500 personnes étaient devenues des sans abri.

L'agence pour les réfugiés est immédiatement intervenue, en finançant la reconstruction de 150 maisons détruites et en rénovant 73 magasins et deux autres bâtiments du marché de Shorja. Le travail a été mené par une organisation iraquienne et partenaire d'exécution du HCR ayant aidé à réhabiliter quelque 10 000 bâtiments endommagés par le conflit pour les réfugiés et les déplacés internes iraquiens. Cette organisation a pour objectif de doubler ce chiffre en 2010.

« Notre but est d'atténuer le déplacement, d'encourager les retours et de restaurer la confiance dans des zones affectées par le conflit », a indiqué un employé du HCR, ajoutant que le programme se concentrait sur les familles les plus vulnérables. Là où c'est possible, l'agence utilise des matériaux achetés localement et emploie des ouvriers issus de la main d'œuvre locale pour mener le travail.

Les magasins du marché de Shorja ont été remis à leurs propriétaires lors d'une simple cérémonie à laquelle des employés du HCR et des représentants des autorités locales ont assisté le 30 septembre dernier.

Mohamed Ali, âgé de 30 ans, faisait partie du groupe de 400 personnes environ qui avaient été blessées par l'explosion massive. Ce soutien de famille avait été évacué pour recevoir un traitement médical en Turquie, où il a passé son temps à se faire du souci pour ses proches. Il n'était pas convaincu lorsque ceux-ci lui ont appris que le HCR, une organisation qui leur était alors inconnue, aidait à reconstruire leur maison.

Lorsqu'il est finalement rentré chez lui à la mi-août, il a été abasourdi en découvrant leur nouvelle maison d'un étage. « Si mon père âgé ne s'était pas trouvé assis devant la maison, j'aurais pensé que je m'étais trompé de rue », a-t-il dit, ajoutant « Je dois envoyer une lettre de remerciement au HCR. »

Le Maire de Taza, Monsieur Talib, était présent lors de la cérémonie de remise le mois dernier et il a également fait part de sa reconnaissance envers le HCR pour l'aide reçue. « Par notre intervention, nous avons aidé des personnes qui ont perdu un ou plusieurs membres de leur famille », a dit Daniel Endres, le délégué du HCR en Iraq.

Daniel Endres, qui a visité les bâtiments rénovés, a promis que l'agence pour les réfugiés continuerait « à assister ceux qui sont affectés par l'explosion et à les aider à se réinstaller dans leurs maisons. »

Début septembre, le HCR avait déjà porté assistance à plus de 2 950 familles (soit 18 700 personnes) pour leur fournir un abri, y compris à des membres de la communauté locale, à des personnes déplacées internes et à des rapatriés qui avaient vécu l'exil dans d'autres pays ou qui avaient été déplacés au sein même de l'Iraq.

Par Younis Ahmed à Taza et Maha Sidky à Bagdad, Iraq