Les changements climatiques pourraient devenir une source majeure de déplacements

Le chef du HCR António Guterres lance une mise en garde selon laquelle les changements climatiques deviendront le facteur majeur pour les déplacements de populations, tant au sein des pays qu'au-delà des frontières nationales.

La sécheresse entraîne la désertification des terres, dans le nord de l’Afghanistan. António Guterres a noté que la fréquence des sécheresses augmentait régulièrement, poussant des communautés entières à s’adapter à de nouvelles conditions de vie.  © HCR/V.Tan

COPENHAGUE, Danemark, 16 décembre (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a averti mercredi à Copenhague que les changements climatiques deviendront, dans un futur proche, le facteur majeur pour les déplacements de populations tant au sein des pays qu'au-delà des frontières nationales.

Cette mise en garde d'António Guterres est intervenue lors d'une conférence de presse organisée durant la conférence 2009 des Nations Unies sur les changements climatiques, où il a rencontré des dirigeants et pris part à des événements et des débats sur le déplacement forcé résultant des changements climatiques.

Selon le Haut Commissaire, bien que les changements climatiques affectent plus sévèrement les pays du sud, l'hémisphère nord pourrait également être confronté à des phénomènes climatiques qui pourraient causer des mouvements de population. En soulignant que les changements climatiques ne devraient pas rester une préoccupation lointaine, António Guterres a indiqué que, chaque année, quelque 36 millions de personnes, un nombre stupéfiant, étaient déplacées par des catastrophes naturelles. Sur ce nombre, plus de 20 millions de personnes ont été déracinées du fait de facteurs relatifs aux changements climatiques.

Il a ajouté que les catastrophes naturelles sont « plus intenses et plus fréquentes et que les impacts sont plus dévastateurs sur les populations. » Il a affirmé que la fréquence des sécheresses augmentait régulièrement et que des communautés entières devaient s'adapter à de nouvelles conditions de vie, alors que la hausse du niveau de la mer menace d'engloutir des Etats insulaires », a indiqué António Guterres.

Le Haut Commissaire a par ailleurs précisé que la distinction entre réfugiés et migrants se brouillait, ce qui pourrait entraîner une « insuffisance dans le domaine de la protection » pour des personnes n'ayant d'autre choix que de quitter leur pays d'origine devenu inhabitable et qui ne satisfont pas à la définition strictement juridique de qui est un réfugié.

« Le besoin de nouveaux instruments juridiques pourrait apparaître et nous pourrions étudier l'idée de mécanismes temporaires de protection », a-t-il indiqué. Ce type de mécanisme est déjà appliqué dans de nombreux pays accordant la protection pour des raisons humanitaires, jusqu'à ce que les conditions s'améliorent pour le retour. Il serait également important de définir des mesures visant à aider les personnes les plus vulnérables à s'adapter dans leur pays d'origine pour qu'elles ne soient pas forcées à fuir.

António Guterres a mis en lumière le lien croissant entre les changements climatiques et le conflit. « Les changements climatiques peuvent mettre l'accent sur la compétition pour les ressources - l'eau potable, la nourriture, les paturages - et cette compétition peut provoquer le conflit. »

Il a cité une récente étude effectuée par des chercheurs des universités américaines de Berkeley, Stanford, New York et Harvard ayant déterminé que les changements climatiques pourraient accroître le risque de guerre civile en Afrique de plus de 50 pour cent en 2030, en comparaison de 1990.

« De plus en plus de personnes sont forcées de fuir », a-t-il ajouté. « Pourtant de moins en moins bénéficient de la liberté de mouvement. Les pays sont devenus des forteresses à un moment où il convient d'animer les marchés. »

Par Melissa Fleming à Copenhague, Danemark