L'assistance dans la vallée de Pankisi se concentre sur le développement

En 2010, le HCR se retirera progressivement du programme d'aide aux réfugiés tchétchènes et en transmettra la responsabilité au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Les clients ne manquent pas dans ce magasin de meubles que Shota a ouvert avec l’aide du HCR.   © HCR/M.Sunjic

VALLÉE de PANKISI, Géorgie, 5 janvier (HCR) - La vallée de Pankisi, au décor somptueux et située dans le nord-est de la Géorgie, est connue de longue date comme étant un hâvre pour les réfugiés. Cela pourrait bientôt changer car les Tchétchènes qui s'y trouvent toujours vont recevoir la nationalité géorgienne et s'engagent à établir leur vie dans cette large vallée.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déjà prévu de se retirer de cette zone frontalière avec la Tchétchénie en Fédération de Russie. « Nous avons fait notre travail », a indiqué Peter Nicolaus, délégué du HCR en Géorgie. « En 2010, le HCR se retirera progressivement du programme d'aide aux réfugiés tchétchènes et en transmettra la responsabilité au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). »

Inita Paulovica, la déléguée par intérim du PNUD en Géorgie, s'est félicitée de cette transition planifiée vers des activités pour le développement. « Avec son assistance dont sont bénéficiaires quelque 800 réfugiés, le HCR a activé le développement économique de la vallée. Désormais, le PNUD travaillera étroitement avec les autorités locales et les personnes présentes dans la région pour créer un projet qui répondra aux besoins principaux en terme de développement dans cette zone », a-t-elle expliqué.

Le HCR vient en aide à des personnes d'ethnies tchétchène et kiste en Géorgie depuis 1999, lorsque ce pays a accueilli quelque 8 000 réfugiés fuyant le conflit survenant dans leur région appartenant à la Fédération de Russie. Depuis, la plupart d'entre eux sont rentrés en Tchétchénie ou ont rejoint l'Europe occidentale. Toutefois quelque 800 d'entre eux restent dans la vallée de Pankisi, où ils vivent au côté des Kistes géorgiens.

Avec l'aide du HCR, le gouvernement ainsi que d'autres organisations, ce dernier groupe s'est intégré dans le tissu économique et social local de la vallée. Leur demande de nationalité géorgienne est actuellement en cours et, ces dernières semaines, environ 60 pour cent d'entre eux ont déjà été naturalisés. Un grand nombre d'entre eux devraient encore demander la nationalité.

Les programmes du HCR pour la création de revenus s'avèrent particulièrement importants pour aider les réfugiés, comme Shota et sa famille, à s'intégrer et à retrouver une vie normale dans la vallée de Pankisi. Shota, qui a créé une affaire florissante dans le secteur de la menuiserie, sent désormais qu'il a été adopté par le pays qui l'a hébergé quand il était désespéré.

Ailleurs dans la vallée, de nombreux autres réfugiés originaires de Tchétchénie ont également créé des entreprises prospères après avoir bénéficié de conseils, d'une formation et d'un financement à leur création de la part du HCR.

Razez dirige un atelier de couture où sont fabriqués des vêtements traditionnels tchétchènes. Ramzan a renoué avec sa passion, l'apiculture, et il vend désormais du miel, tout en faisant également des dons de pots de miel à des familles pauvres, alors qu'Adlan a démarré une petite affaire d'aquaculture, un élevage de carpes, dans la vallée.

Parmi d'autres entreprises créées par des réfugiés, on trouve un magasin d'alimentation, une quincaillerie, un salon de beauté ainsi qu'un pharmacie. Les produits et services apportés par ces entreprises sont utilisés à la fois par des réfugiés et par les communautés hôtes. Certains produits sont vendus sous la dénomination d'aliments bio dans d'autres régions de la Géorgie.

Dans une pharmacie de la ville de Duisi située dans la vallée de Pankisi, le pharmacien de garde, Inga, indique qu'avant l'ouverture de ce magasin en mai dernier, l'endroit le plus proche pour se procurer des médicaments était situé à environ 20 kilomètres.

« Il est nécessaire de mener des projets au bénéfice des réfugiés aussi longtemps que les réfugiés sont plus vulnérables que la population locale », a indiqué Peter Nicolaus, délégué du HCR en Géorgie. « Toutefois, dès que cette insuffisance est comblée, il serait contreproductif de continuer. »

Le HCR réduisant sa présence et ses programmes dans la vallée de Pankisi, le PNUD a commencé à envoyer ses équipes dans cette région pour identifier les besoins des communautés locales.

Parallèlement, Shota a participé aux marchés de Noël pour vendre les meubles qu'il fabrique. Il prévoit de donner une part de ses bénéfices à une maison accueillant des enfants à Tbilissi, la capitale géorgienne. « Les Géorgiens nous ont aidés durant 10 ans. Je suis fier de pouvoir enfin les payer en retour pour leur accueil bienveillant. »

Par Melita H. Sunjic et Suzanne Murray-Jones dans la vallée de Pankisi, Géorgie