Le chef du HCR, M. Guterres soutient la réforme du droit d'asile prévue par la Grèce

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. António Guterres (gauche) et le Premier Ministre George Papandréou s'adressent à la presse à Athènes.  © HCR/K. Kehayioylou

ATHENES, Grèce, 20 janvier (HCR) - Mercredi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés M. António Guterres s'est félicité des projets du gouvernement grec d'entreprendre une vaste réforme du droit d'asile et s'est engagé à lui apporter tout le soutien de l'organisation. Il a qualifié la tâche qui attend la Grèce dans le domaine des migrations et de l'asile comme "excitante par nature" et "inspirant l'humilité par son étendue et sa complexité."

Lors de réunions avec le Premier Ministre grec George Papandréou, plusieurs membres clé du gouvernement et des experts indépendants. qui se sont tenues à Athènes mardi et mercredi, M. Guterres avait abordé les questions interdépendantes des migrations et de l'asile et du projet de réforme audacieux de la Grèce.

M. Papandréou a souligné la position complexe qu'occupe la Grèce, en tant que point d'entrée dans l'Union européenne (UE) pour les réfugiés et les migrants en situation irrégulière, et a indiqué que gérer cette situation faisait partie de ses priorités absolues.

Il a indiqué que son gouvernement avait la volonté politique de revoir son système d'asile, avec l'intention de le rendre conforme à la Convention de 1951 sur les réfugiés et au droit européen. M. Papandréou a précisé que sa vision était de créer un système d'asile et de migration moderne et efficace qui respecte pleinement les droits de l'Homme.

Dans le passé, le HCR a plusieurs fois fait état de problèmes dans le système d'asile grec. Le Haut Commissaire s'est cependant félicité du projet du gouvernement d'entreprendre cette vaste réforme dans le cadre d'une approche d'ensemble de l'asile, des migrations et de l'intégration, "qui rendra le système pleinement compatible avec le droit international et la tradition d'hospitalité grecque".

M.Guterres a noté que les mesures prévues, y compris les projets de loi relatifs à la naturalisation contribueraient au respect des droits de l'Homme et à la cohésion sociale et étaient directement dans l'intérêt national du pays.

Il a proposé le soutien complet du HCR et s'est engagé à faire de son mieux pour encourager la solidarité de l'UE pour réaliser cette tâche. Dans l'attente de la mise en œuvre des réformes des dispositions sur l'asile, le HCR maintient cependant la recommandation aux autres pays Européens de ne pas renvoyer des demandeurs d'asile en Grèce (en tant que premier point d'entrée en Europe) sur la base des réglementations de l'Union européenne ou autres.

M. Guterres a noté qu' « une situation dans laquelle les demandeurs d'asile et les migrants étaient obligés de vivre clandestinement n'était dans l'intérêt de personne ». Il a soutenu les propositions de mise en place d'un système d'accueil et d'examen des nouveaux arrivants avec renvoi des demandeurs d'asile vers des procédures d'asile justes et efficaces gérées par une autorité compétente indépendante.

Les réfugiés et autres personnes nécessitant une protection internationale devraient être rapidement identifiés, a-t-il déclaré, notant que les Etats ont le droit de renvoyer vers leur pays d'origine les personnes qui ne nécessitent pas une protection, bien que la réadmission demeure un "énorme défi." Il a souligné le problème particulier des enfants non accompagnés, aussi bien demandeurs d'asile que migrants, et a demandé que des mesures spéciales soient prises pour garantir leur protection et leur bien être.

Par Ketty Kehayioylou à Athènes, Grèce