Une nouvelle vie pour un vieux tracteur

Le HCR soutient les rapatriés serbes de Croatie pour un retour durable. Nikola Lakic accorde une grande valeur à son tracteur qui l'a aidé à échapper au conflit et à survivre en exil. Il a reçu du HCR une aide en temps voulu pour la réparation du véhicule.

Nikola Lakic est assis sur son bien le plus précieux, un tracteur Zetor 6911. Ce rapatrié a reçu une aide du HCR lorsque le véhicule était en panne.  © HCR/Z.Frankovic

KASIC, Croatie, 2 mars (HCR) - Nikola Lakic possède un vieux tracteur rouge vif, qui fait sa fierté et sa joie. Ce véhicule les a emmenés, lui et sa famille, vers un lieu en sécurité lorsqu'ils ont dû fuir leur village croate en 1995. Il a également été un moyen d'existence en exil. Lorsque ce père de deux enfants, âgé de 52 ans, est finalement rentré dans son village d'origine, le véhicule a commencé à montrer des signes de faiblesse. Nicola Lakic s'est alors adressé au HCR pour demander une aide.

Il avait acheté en 1981 cet antique Zetor 6911 fabriqué en Tchécoslovaquie, lorsqu'il travaillait comme producteur de fruits et légumes à Kasic, un village situé dans une région vallonnée à environ 100 kilomètres au nord de Split. Il vendait alors sa production aux hôtels et aux restaurants des stations touristiques très fréquentées de la côte dalmatienne.

Il travaillait dur, mais Nikola, grâce à son solide tracteur, faisait vivre décemment sa famille dans cette région agricole fertile. Toutefois, en 1995, le conflit régional a touché Kasic, forçant Nikola et d'autres Serbes de Croatie à fuir pour sauver leur vie.

La famille Lakic a voyagé sur le tracteur avec ses bagages durant 11 jours à travers la Bosnie-Herzégovine vers la province serbe de Vojvodina. Grâce à son tracteur, Nikola a pu gagner sa vie en tant qu'ouvrier agricole dans cette région productrice de maïs.

En 2008, le Gouvernement croate a procédé à la rénovation de maisons endommagées par la guerre à Kasic et dans d'autres villages de la région de Zadar, également jonchés de mines antipersonnel. Nikola a décidé de rentrer et de recommencer un commerce de fruits et légumes.

De nombreux autres Serbes de Croatie ayant également demandé une aide pour retourner en Croatie, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a décidé de leur fournir un moyen de transport et des équipements pour la ferme, principalement des tracteurs. Nikola s'est fait ramener dans son village d'origine par le HCR.

Il y a toutefois eu un coût caché, a-t-il expliqué. « Le voyage à travers la Bosnie et les travaux de la terre à Vojvodina ont endommagé le moteur du tracteur et, lorsque le HCR nous a aidés pour rentrer à Kasic, le tracteur était déjà mal en point. »

Nikola avait déjà commencé à remettre ses champs en état à l'aide de son fidèle destrier rouge. Toutefois il n'a pas fallu attendre longtemps pour que le moteur robuste et le système de freinage ne tombent en panne après des années de service.

Avec des ressources financières limitées après avoir planté 200 pêchers, Nikola avait besoin d'aide car il savait qu'il n'obtiendrait pas de retour sur investissement durant quatre ans. Il a expliqué son problème au HCR et l'agence pour les réfugiés a « reconnu combien cette période était cruciale pour moi et elle m'a aidé. » Le HCR a accepté de payer les réparations de son tracteur, y compris le moteur et les freins.

« La petite population rapatriée de Kasic est confrontée à des difficultés pour restaurer ce qui était alors une zone agricole prospère et pour renouer des liens commerciaux » avec les stations touristiques côtières à nouveau florissantes, a expliqué Tanja Kale, chef du bureau du HCR sur le terrain à Knin. « Le HCR a démontré qu'avec une aide à petite échelle, la situation de ces personnes peut changer et qu'elles peuvent reconstruire leur vie. »

Avec l'aide du gouvernement, le HCR et d'autres organisations, des personnes comme Nikola peuvent effectuer un retour durable. Grâce à son tracteur à nouveau utilisable, il prépare avec son frère un important travail dans les champs avant le printemps. Et il espère que sa famille pourra le rejoindre cette année.

Par Dorijan Klasnic à Kasic, Croatie