Le HCR utilise la vidéo pour lutter contre la xénophobie au Costa Rica

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) participe à un festival biennal de la vidéo dans le cadre de ses activités de lutte contre les préjugés dont sont victimes les réfugiés au Costa Rica, en particulier parmi les jeunes.

Juan Camilo Saldarriaga (à droite), un réfugié colombien, discute avec les réalisateurs de « A La Une » avant le début du tournage.  © UNHCR/A.Vásquez

SAN JOSÉ, Costa Rica, le 14 avril (HCR) - Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) participe à un festival biennal de la vidéo dans le cadre de ses activités de lutte contre la xénophobie et les préjugés largement répandus sur les réfugiés au Costa Rica, en particulier parmi les jeunes.

Jozef Merkx, représentant du HCR au Costa Rica, a déclaré que l'agence avait décidé de tester cette nouvelle approche au vu des résultats d'une récente étude indiquant que parmi les personnes sachant ce qu'est un réfugié, 57 % en avaient une opinion défavorable. Cette étude commandée par le HCR révèle également que les réfugiés sont plus susceptibles d'être perçus négativement par les personnes âgées de 18 à 35 ans.

« C'est à ce moment-là que nous avons décidé de cibler les jeunes dans nos activités de lutte contre la xénophobie », a expliqué Jozef Merkx. « Nous savons que cette tranche de la population peut être plus ouverte d'esprit [par rapport aux générations précédentes], agir comme un agent multiplicateur [en diffusant nos messages de tolérance] et contribuer au changement ».

Le HCR a parrainé une initiative intitulée « The Pressure Cooker » (la cocotte minute) réunissant sept jeunes vidéastes pendant une semaine pour produire un court-métrage documentaire sur les problèmes des réfugiés en vue d'une présentation à « La 240 », un festival audiovisuel d'une semaine accueillant des jeunes venus de toute l'Amérique Centrale.

Le festival a débuté dimanche avec la projection de leur oeuvre. « A La Une » (Primera Plana) est un impressionnant documentaire de sept minutes sur un journaliste persécuté et contraint de quitter son pays pour trouver asile à l'étranger. Sergio Pucci, l'un des sept réalisateurs du film, s'est déclaré bien mieux informé sur les problèmes des réfugiés depuis qu'il a effectué des recherches pour le documentaire. « Je savais que les réfugiés étaient des personnes qui avaient fui leur pays, mais je confondais ce terme avec d'autres concepts, ce qui doit être le cas de nombreux autres jeunes », a-t-il précisé.

« A La Une » a été bien accueilli par le public, qui comptait dans ses rangs certains réfugiés comme le Colombien Camilo Saldarriaga, 18 ans. La plupart des 12 000 réfugiés vivant au Costa Rica sont originaires de Colombie, où des années de conflit ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes.

« Je pense que c'est une très bonne idée de sensibiliser les spectateurs du festival "La 240", parce que la plupart d'entre eux sont des producteurs audiovisuels qui seront amenés à travailler pour les médias », a noté Camilo Saldarriaga. « A La Une » sera projeté tout au long du festival ainsi qu'à l'occasion d'autres événements à venir.

Sergio Pacheco, l'un des co-organisateurs du festival, a insisté sur le fait que personne ne choisit d'être un réfugié. « En tant que société et en tant qu'êtres humains, nous devons comprendre cette expérience [de réfugié] afin de pouvoir soutenir les personnes qui la vivent. Selon moi, telle est la plus grande contribution du projet The Pressure Cooker », a-t-il souligné.

Au cours de ces prochains mois, le HCR va organiser un grand nombre d'activités de sensibilisation pour lutter contre la xénophobie au Costa Rica.

Par Andrea Vásquez à San José, Costa Rica