Au Tchad, le HCR transfère des centaines de réfugiés centrafricains vers un camp

Le HCR a débuté le transfert de quelque 1 100 réfugiés centrafricains nouvellement arrivés vers un camp de réfugiés dans le sud du Tchad, où ils peuvent recevoir de l'assistance.

Un employé du HCR s'entretient avec des réfugiés centrafricains dans le sud du Tchad.  © HCR/M.Baiwong

N'DJAMENA, Tchad, 7 mai (HCR) - Le HCR a débuté cette semaine le transfert de réfugiés centrafricains - parmi un groupe de 1 100 d'entre eux récemment arrivés - depuis la région frontalière du sud du Tchad vers le camp de réfugiés de Moula, où ils peuvent recevoir une assistance adéquate.

Ces réfugés ont traversé la frontière vers la province de Moyen Chari au sud du Tchad il y a deux semaines, après que des violences les aient forcés à quitter leur village dans le nord de la République centrafricaine.

Les réfugiés ont fui les affrontements entre l'armée centrafricaine et les rebelles survenant dans leur région d'origine vers Sido dans le nord de la République centrafricaine (RCA) et ils ont cherché abri de l'autre côté de la frontière dans la province de Moyen Chari au Tchad il y a deux semaines. Les troupes gouvernementales affrontent les combattants rebelles à Sido.

« Nous procédons actuellement au transfert de ce groupe vers le camp de Moula à environ 180 kilomètres vers le sud-ouest du pays [depuis le point de passage de la frontière] », a indiqué un porte-parole du HCR vendredi. « Nous avons transféré un premier groupe de 204 réfugiés mercredi et nous prévoyons de terminer le transfert en début de semaine prochaine. »

Du fait des routes impraticables, il faut une journée entière au convoi pour effectuer le trajet vers Moula, où sont actuellement hébergés plus de 4 000 Centrafricains.

La plupart des réfugiés nouvellement arrivés sont des femmes, des enfants et de jeunes hommes. Ils ont indiqué que les combattants pillaient, volaient du bétail et commettaient des abus sur les civils.

« Deux réfugiés nous ont montré des brûlures dues au frottement de cordes sur les coudes. Certains parmi le groupe sont traumatisés et disent qu'ils ne sont pas prêts à retourner en République centrafricaine. Ils ont également indiqué que leurs villages étaient pratiquement vidés de leurs habitants au moment où ils avaient fui », a indiqué le porte-parole du HCR.

L'offensive de l'armée se déroulant actuellement dans la région de Sido dure depuis la mi-avril. Le HCR ne dispose d'aucune estimation sur le nombre total de personnes déplacées mais, ces derniers jours, le HCR a reçu des informations sur un nouveau déplacement d'environ 2 500 civils.

Environ 1 000 personnes parmi eux ont rejoint un site accueillant des personnes déplacées internes dans la ville de Kabo, à 400 kilomètres au nord de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Ils sont confrontés à une pénurie d'eau, de vivres et d'abris, même si certains sont hébergés chez des proches. D'autres se cachent dans la brousse et davantage encore devraient tenter de traverser la frontière vers le Tchad dans les jours prochains.

L'insécurité prévalant dans le nord de la République centrafricaine durant ces cinq dernières années a généré près de 200 000 déplacés internes dans sept préfectures des régions du nord-ouest, du nord et du nord-est de la République centrafricaine. Des civils en nombre similaire ont par ailleurs fui vers les pays voisins.