Le HCR finance la construction de maisons pour des rapatriés au sud de l'Iraq

Dans le sud de l'Iraq, des familles rapatriées dans le besoin reçoivent une aide du HCR dans le cadre de son programme pour le logement. Elles avaient fui l'Iraq avant 2003.

Des maçons travaillent à la construction d'une maison dans le district d'Al Kahla.  © HCR

DISTRICT D'AL KAHLA, Iraq, 20 mai (HCR) - Sept ans après son retour en Iraq d'un exil de longue durée en Iran voisin et trois ans après avoir perdu son mari et son fils dans un attentat à la bombe, Suad Jafar a retrouvé le sourire. Elle habite désormais dans une maison qui lui appartient.

Suad et ses cinq petits-enfants font partie d'un groupe de 180 familles iraquiennes - soit au total près de 1 000 personnes - qui ont reçu les clés de maisons neuves au début du mois dans la province de Missan, au sud de l'Iraq, dans le cadre d'un programme du HCR pour le logement.

Toutes ces familles sont revenues d'Iran après la chûte de l'ancien Président Saddam Hussein en 2003 et elles ont reçu une parcelle de terrain de la part du gouvernement. Toutefois elles n'ont ni les ressources ni les moyens de financer la construction d'une maison. Certaines étaient confrontées à des difficultés pour payer un loyer.

Le HCR n'avait pas la capacité d'aider ce groupe spécifique d'anciens réfugiés jusqu'en 2009, avant que davantage de membres de son personnel n'aient été déployés à Bassorah dans un contexte d'amélioration de la situation sécuritaire. Le personnel du HCR a rapidement identifié, comme étant particulièrement vulnérables, d'anciens réfugiés ayant quitté le pays avant 2003. Le HCR a alors décidé de les inclure en tant que bénéficiaires de son programme pour le logement, qui a été financé pour procéder à la construction ou à la réfection de plus de 10 000 maisons à travers tout le pays l'année dernière.

A Missan, le partenaire opérationnel du HCR, le Conseil danois pour les réfugiés (CDR), a organisé la construction de logements remis à leurs nouveaux propriétaires le mois dernier, lors d'une cérémonie à laquelle des employés du HCR et du CDR étaient présents ainsi que des représentants des autorités.

« Je n'arrive pas à le croire. J'ai ma propre maison. C'est un miracle devenu réalité », a déclaré Suad, quand elle a reçu les clés. Elle avait fui en Iran avec son mari et son fils, quelques mois après la fin de la première guerre du Golfe en 1991.

Lors du renversement de Saddam Hussein et de son régime, la famille est rentrée à Al Kahla à Missan et a reçu une parcelle de terrain de 200 mètres carrés de la part du ministère iraquien des déplacements et des migrations. Toutefois, elle n'avait pas les moyens d'y construire une maison et sa situation a encore empiré, lorsque le mari de Suad et son fils ont été tués dans un attentat à la bombe à Bagdad en 2006.

Bien qu'elle soit toujours tributaire d'une aide de la part de ses proches et d'organisations humanitaires, posséder sa propre maison de deux pièces lui rendra la vie plus facile et lui donnera des perspectives d'avenir, alors qu'elle fait son possible pour élever ses cinq petits-enfants dont la mère, malade, ne peut plus s'occuper.

Morsy Hussein et sa famille ont également été bénéficiaires d'une nouvelle maison dans le district d'Al Kahla dans le cadre du programme du HCR pour le logement. Il a passé plus de 25 ans en exil et vivait près la ville sainte de Qom. Toutefois, après son retour en 2003, il a été confronté à des difficultés pour gagner sa vie en tant qu'ouvrier agricole non qualifié.

A la fin 2009, le Conseil danois pour les réfugiés (CDR) a commencé des travaux de construction d'une maison sur la parcelle de terrain que Morsy Hussein avait reçue de la part du ministère des déplacements et des migrations. Il y a emménagé avec ses proches au même moment que Suad et sa jeune famille dans la leur. Maintenant qu'il n'a plus à louer un logement, Morsy Hussein pourra probablement subvenir plus facilement aux besoins de ses proches.

Le travail du HCR à Missan intervient en complément du programme mené par le Gouvernement iraquien pour l'allocation de parcelles de terrain aux réfugiés qui s'étaient exilés avant 2003, dans le cadre duquel le ministère des déplacements et des migrations a distribué des carrés de terrain aux rapatriés dans le sud du pays.

Parallèlement, le HCR prévoit de continuer son programme pour le logement, « sous réserve de la disponibilité de fonds », a noté Daniel Endres, le délégué du HCR en Iraq. « Le HCR prévoit d'achever la construction de quelque 50 000 maisons cette année au bénéfice d'anciens déracinés », a-t-il indiqué, ajoutant que cela aiderait à faciliter la réintégration de quelque 300 000 Iraquiens.

C'est un défi de taille qui ne pourra être surmonté sans l'aide continue des pays donateurs et de la communauté internationale. Le HCR a publié cette année des appels d'un montant total de plus de 500 millions de dollars pour ses opérations d'aide aux déracinés iraquiens se trouvant dans et en dehors du pays. Cette somme inclue quelque 264 millions de dollars pour les opérations en Iraq, dont la majeure partie concerne des programmes de logement au bénéfice des déplacés internes et des rapatriés.

Par Maha Sidky et Mohamad Al Soudani dans le district d'Al Kahla, Iraq