Le HCR compte sur une nouvelle loi pour résoudre l'apatridie aux Etats-Unis

Le HCR et Refugee International lancent une campagne pour attirer davantage l'attention sur l'apatridie aux Etats-Unis et pour qu'une loi soit adoptée sur cette question.

Lors d'un événement organisé à Washington, le Haut Commissaire adjoint des Nations Unies pour les réfugiés, T. Alexander Aleinikoff, souligne le problème de l'apatridie aux Etats-Unis.  © HCR/H.Farhad

WASHINGTON, DC., Etats-Unis, 9 juin (HCR) - Une campagne pour attirer davantage l'attention sur l'apatridie aux Etats-Unis et pour encourager l'adoption d'une loi sur cette question a été lancée mardi à Washington, D.C., par le HCR et Refugee International.

L'événement clé de cette campagne, qui a eu lieu sur le Capitol Hill, a été la projection de la vidéo « Apatridie aux Etats-Unis: A la recherche d'une citoyenneté », produite par le bureau de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés à Washington.

Les apatrides sont des personnes qu'aucun pays ne considère comme ses citoyens. S'exprimant lors de l'événement, le Haut Commissaire adjoint des Nations Unies pour les réfugiés, T. Alexander Aleinikoff, a qualifié l'apatridie de « déni silencieux des droits » et a insisté sur le fait que le HCR s'engageait à s'attaquer à cette question globalement et aux Etats-Unis. « Imaginez ce que l'on ressent lorsque l'on appartient à aucun pays », a-t-il ajouté.

La législation américaine actuelle n'accorde aucun statut juridique aux apatrides. Incapables de rentrer dans leur ancien pays, les apatrides qui vivent aux Etats-Unis risquent d'être détenus et doivent demander chaque année une autorisation de travail.

Ils font également face à des restrictions pour voyager, qui peuvent même les empêcher de quitter leur Etat. Ils doivent systématiquement se signaler aux officiers de l'immigration - une contrainte qui peut durer des dizaines d'années, voire la vie entière.

La loi sur la protection des réfugiés de 2010, introduite par le sénateur démocrate Patrick Leahy, amenderait la loi américaine sur l'immigration pour créer un mécanisme permettant aux apatrides de devenir des résidents légaux permanents puis des citoyens américains.

La législation permettrait d'accorder des droits élémentaires à des individus qui, sans faute de leur part, ont été privés d'un élément essentiel de leur identité - la citoyenneté et le lien juridique qui en découle entre l'individu et l'Etat.

Une personne peut devenir apatride de plusieurs façons aux Etats-Unis. Le cas le plus courant est lorsque les lois sur la nationalité de son pays d'origine changent alors qu'elle est aux Etats-Unis, de sorte que son pays d'origine ne la reconnait plus comme citoyenne.

Par exemple, au cours de l'effondrement de l'Union soviétique, des personnes qui se trouvaient aux Etats-Unis en tant que citoyens soviétiques n'ont à cette époque pas été reconnues comme ressortissants des Etats indépendants nouvellement créés. Quand il a été temps pour ces personnes de rentrer, l'Etat nouvellement créé ne les a pas admises. Dans certaines circonstances, un pays peut refuser de reconnaitre les ressortissants de son pays, les rendant ainsi apatrides.

Avec le lancement de son film sur l'apatridie, le HCR vise à attirer davantage l'attention sur cette question peu connue tout en plaidant pour une solution durable pour l'apatridie aux Etats-Unis.

S'exprimant lors de l'événement de mardi, le membre du Congrès Howard Berman, président de la commission des affaires étrangères de la Chambre, a insisté sur la tradition des Etats-Unis en matière d'aide aux déplacés dans le monde entier et a plaidé pour l'adoption d'une législation sur l'apatridie aux Etats-Unis.

« L'Amérique réinstalle plus de réfugiés et accorde l'asile à plus de personnes qu'aucun autre pays au monde » a-t-il affirmé. « Compte tenu de cette tradition, nous devons également agir pour résoudre le problème de l'apatridie. L'Amérique doit donner l'exemple ».

Par Tim Irwin à Washington, DC., Etats-Unis