Cours d'été à Strasbourg : le droit des réfugiés en pratique

Ce cours organisé conjointement par le HCR et l'Institut international des droits de l'Homme propose une formation sur le droit des réfugiés et les politiques migratoires.

Le cours d'été sur le droit des réfugiés dispensé en français par des experts du HCR à Strasbourg permet aux participants originaires de nombreux pays à travers le monde d'approfondir leurs connaissances en matière de protection des réfugiés via des exercices pratiques.   © HCR/H.Gallet

STRASBOURG, France, 12 juillet (HCR) - Karina Jasmine sanglote en racontant son exil. Elle a reçu des menaces de mort car elle refusait de soumettre sa fille à l'excision et elle a dû fuir le Kilina, son pays d'origine. Son histoire poignante ne diffère pas de celles de milliers d'autres récits de persécutions rapportés chaque jour par des réfugiés dans le monde entier. Néanmoins, celui de Karina est particulier puisque son personnage est factice : ce rôle est joué par une employée du HCR dans le cadre d'une simulation. Cette mise en scène fait partie de l'un des modules enseignés durant le cours d'été sur le droit des réfugiés à Strasbourg, en France.

Réunissant des experts en droits de l'homme, des avocats, des professeurs, des étudiants et des professionnels issus de différentes organisations, le cours sur le droit des réfugiés se tient chaque été depuis 13 ans. C'est l'un des rares enseignements dispensés en français sur la protection internationale des réfugiés. Il réunit de nombreux francophones venant du Canada comme du Kazakhstan avec, cette année, une majorité de participants originaires de l'Afrique. Après un processus de sélection rigoureux, cinquante postulants ont été choisis parmi 400 candidatures provenant de 33 pays.

Ce cours de deux semaines est organisé conjointement par le HCR et l'Institut international des droits de l'Homme (IIDH) basé à Strasbourg. Il propose des enseignements sur le droit des réfugiés, la détermination du statut de réfugié, les solutions durables, les réfugiés en situation de conflit armé, les procédures d'asile et les politiques migratoires à travers le monde.

La formation pratique inclut un exercice de simulation où les participants doivent résoudre une étude de cas juridique sur une personne fictive. En employant les différents critères de détermination du statut de réfugié, les participants doivent évaluer si l'individu aurait obtenu ou non le statut de réfugié en situation réelle.

« Les simulations donnent une nouvelle dimension aux études de cas sur le droit des réfugiés », a expliqué Fadma Moumtaz du HCR, qui se met dans la peau d'une femme réfugiée depuis sept ans déjà, après que cet exercice ait été ajouté au cours. « Les participants ont devant eux une personne en chair et en os, à qui ils posent des questions, comme s'ils étaient au sein d'une véritable juridiction. Chaque année, les participants ont des questions et des réactions différentes. »

L'objectif principal du cours d'été sur le droit des réfugiés est d'améliorer la connaissance du droit international des réfugiés, au côté de professionnels travaillant sur le terrain, en leur apprenant à identifier et à répondre à des individus ayant besoin de protection internationale. Les participants ayant réussi l'examen reçoivent un certificat.

« Nous sommes reconnaissants envers le Ministère des Affaires étrangères et européennes pour le financement de ce cours, l'un des rares dans ce domaine », a déclaré Véronique Robert, chargée de protection au bureau du HCR à Paris. « En plus de permettre aux participants d'enrichir leurs connaissances sur la problématique des réfugiés et des principes du droit international des réfugiés, c'est une grande chance pour eux de rencontrer des experts venant de pays différents ainsi que de partager expériences et bonnes pratiques dans le domaine de la protection des réfugiés », a-t-elle ajouté.

Cette année, le cours d'été sur le droit des réfugiés a eu lieu du 14 au 25 juin. Le processus de sélection pour les participants de l'année prochaine devrait débuter en avril 2011.

Par Alexandra Cwikiel et William Spindler à Paris, France