Le HCR exhorte le Kenya à suspendre les retours forcés de réfugiés somaliens

Le HCR appelle les autorités kényanes à suspendre immédiatement les expulsions de Somaliens depuis le camp « Border point 1 » situé dans le nord-est du Kenya.

Des réfugiés somaliens dans un camp au nord-est du Kenya.  © HCR/R.Gangale

GENEVE, 3 novembre (HCR) - Le HCR appelle les autorités kényanes à suspendre immédiatement les expulsions de Somaliens depuis le camp « Border point 1 » situé à Mandera dans le nord-est du Kenya.

Dans un communiqué de presse publié à Genève, le HCR a déclaré lancer cet appel après avoir eu connaissance « d'ordres donnés par les autorités locales à plus de 8 000 réfugiés dans le camp, leur demandant de traverser la frontière vers la Somalie. Hier [mardi], quelques réfugiés avaient déjà rejoint le no man's land. »

« Nous exhortons le Gouvernement du Kenya à s'abstenir de procéder de nouvelles expulsions et à permettre le retour au Kenya des personnes se trouvant dans le no man's land », peut-on lire dans ce communiqué de presse.

Une équipe du HCR s'est rendue dans cette zone mercredi, après reçu plusieurs appels téléphoniques de représentants de réfugiés catastrophés. L'équipe a confirmé qu'un groupe de Somaliens se trouvait dans le no man's land entre le Kenya et la Somalie, alors qu'un second groupe se dirigeait vers la frontière avec l'Ethiopie.

Le communiqué de presse indique que le HCR, dans ses recommandations récemment publiées aux gouvernements, a clairement expliqué que la vie des personnes fuyant le sud et le centre de la Somalie était menacée et que leurs besoins en matière de protection internationale devaient être respectés

La population ayant trouvé abri au camp « Border point 1 » comprend principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui ont fui les récents affrontements entre Al-Shabaab et les forces Ahlu Sunna Wal dans la ville somalienne de Bulla Hawa.

Le Kenya accueille généreusement depuis de nombreuses années des milliers de réfugiés somaliens. « L'expulsion forcée de personnes vers la Somalie trahit cet esprit, porte une menace sur des vies humaines et enfreint les principes de non-refoulement inscrits dans la Constitution du Kenya, dans la loi kényane sur les réfugiés et dans le droit international des réfugiés. »