Le HCR appelle à une aide accrue pour la population civile en Somalie

Face à la situation humanitaire désastreuse en Somalie, le chef du HCR appelle à une action internationale concertée pour fournir assistance et protection aux Somaliens.

A l'occasion d'un appel de fonds, le Haut Commissaire António Guterres exhorte la communauté internationale à aider les Somaliens.   © HCR/Y.Hassan

NAIROBI, Kenya, 3 décembre (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a lancé un appel vibrant à la communauté internationale pour qu'elle vienne en aide à la population somalienne en proie à des souffrances persistantes.

Lors d'une déclaration mercredi à l'occasion du lancement à Nairobi de l'Appel humanitaire 2011 pour la Somalie, António Guterres a indiqué que ce pays africain est accablé d'un lourd fardeau résultant de multiples crises ayant eu un effet dévastateur sur sa population civile. Les Nations Unies ont lancé un appel de fonds d'un montant de 530 millions de dollars pour ses projets d'aide humanitaire en Somalie l'année prochaine.

« En Somalie, nous sommes confrontés à une crise humanitaire catastrophique et récurrente qui est compliquée par une situation d'urgence à la fois aigue et prolongée », a indiqué António Guterres. « Les souffrances endurées par la population somalienne sont effroyables et cette situation est unique au monde », a-t-il ajouté.

Le Haut Commissaire a attiré l'attention sur les dimensions humanitaires ou relative aux droits humains de la situation somalienne et a appelé à une action internationale concertée pour protéger et assister les civils, qui ont le plus souffert depuis deux décennies de conflit.

António Guterres a noté que 27 pour cent de la population avait besoin d'une assistance humanitaire. Il a indiqué que la population de déplacés internes compte environ 1,5 million de Somaliens, dont un cinquième ont été déracinés depuis le début de l'année 2010.

Sur ce total de 1,5 million de déplacés internes, plus de 400 000 d'entre eux ont fui vers le corridor d'Afgooye, situé à l'ouest de Mogadiscio, la capitale somalienne. C'est la plus forte concentration de personnes déplacées internes au monde.

Le Haut Commissaire a condamné les violations flagrantes des droits humains en Somalie, en se basant sur les tueries aveugles et la mutilation des civils, le viol des femmes et le recrutement d'enfants soldats. « La protection des civils est devenue la première victime du conflit en Somalie », a-t-il indiqué dans la capitale kényane.

António Guterres a indiqué que la crise en Somalie est devenue un problème d'ordre mondial. La fuite de centaines de milliers de Somaliens vers les pays voisins et au-delà a créé ce qu'il a décrit comme étant « une population réfugiée véritablement mondiale. »

Alors que les réfugiés somaliens bénéficient d'un niveau élevé de protection dans certains pays voisins, le HCR est préoccupé par le rejet de réfugiés et une xénophobie accrue dans de nombreux autres pays. « Aucune autre population réfugiée n'est autant stigmatisée et discriminée que les réfugiés somaliens », a indiqué António Guterres.

Le Haut Commissaire a réitéré que la plus vive préoccupation à laquelle est confrontée son agence est le refoulement des réfugiés somaliens vers leur pays déchiré par le conflit. Il a demandé aux Etats de ne pas fermer leurs portes aux demandeurs d'asile somaliens.

António Guterres a également rendu hommage aux travailleurs humanitaires qui continuent à fournir à la population somalienne une assistance dont le besoin se fait cruellement ressentir, et ce dans des conditions extrêmement pénibles. Ces deux dernières années, 47 travailleurs humanitaires ont été tués en Somalie et 35 autres ont été enlevés.

Malgré les risques, il a indiqué que la communauté internationale devrait maintenir le cap et ne pas abandonner les Somaliens au moment où ils en ont le plus besoin. Il a appelé à ce que la crise somalienne soit reconnue en tant que priorité humanitaire et qu'elle soit traitée d'urgence.

Par Yusuf Hassan à Nairobi, Kenya