Le HCR exhorte l'UE et FRONTEX à assurer l'accès aux procédures d'asile

Dans un contexte de nette baisse des arrivées par la mer en Méditerranée, le HCR exhorte l'UE à assurer que le système d'asile en Europe ne soit pas menacé.

Un groupe de nouveaux arrivants africains dans un centre de détention à Malte. Malte, ainsi que d'autres destinations en Europe par la Méditerranée, a connu un net fléchissement des arrivées par la mer depuis deux ans.  © HCR/M.Edström

GENEVE, 10 décembre (HCR) - Le HCR a exhorté vendredi FRONTEX, l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, et les Etats membres de l'UE à assurer que le système d'asile en Europe ne soit pas menacé par la conduite de politiques plus strictes aux frontières extérieures du continent.

« Notre préoccupation concerne les efforts de l'UE visant à endiguer la migration irrégulière. L'Europe ne devrait pas oublier que, parmi les personnes qui cherchent à entrer dans l'UE, il y a des personnes ayant besoin d'une protection internationale et dont la vie est menacée », a indiqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève.

L'Europe est une destination à la fois pour les migrants et pour les demandeurs d'asile. Ces deux catégories ont différents objectifs et différents besoins. Les migrants peuvent être en quête d'un emploi ou d'autres opportunités économiques, les réfugiés sont des personnes qui fuient la persécution ou la violence - Ils ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine si la situation ne s'améliore pas.

C'est ce dernier groupe auquel le HCR assure une aide. Le HCR souhaite que les Etats membres de l'UE et FRONTEX, leur Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, se préoccupent davantage des demandeurs d'asile.

L'évidente difficulté croissante des personnes recherchant une protection en Europe s'observe sur les statistiques des arrivées par la mer dans le centre de la mer Méditerranée. L'Italie, la Grèce, Chypre et Malte ont tous observé des baisses drastiques dans les arrivées par la mer depuis deux ans, c'est presque surement le résultat de contrôles renforcés aux frontières, de patrouilles conjointes et des interdictions en mer.

Le HCR estime que quelque 8 800 personnes sont arrivées par la mer dans les 10 premiers mois de cette année, en comparaison du chiffre de 32 000 à la même période en 2009 - soit une diminution de 72,5%. Près des deux tiers des arrivées par la mer en 2010 sont survenues en Grèce, alors qu'un tiers sont survenues en Italie et le reste à Malte et Chypre.

« Le ralentissement des arrivées par la mer ne résout pas le problème qui ne fait que se déplacer ailleurs », a souligné Andrej Mahecic. « Cela correspond à une hausse importante des arrivées par voie terrestre dans la région d'Evros en Grèce. Evros a enregistré 38 992 arrivées dans les 10 premiers mois de cette année, en comparaison de 7 574 pour la même période en 2009, soit une augmentation de 415% », a-t-il ajouté.

Le HCR a fait part sans relâche de ses préoccupations sur la situation humanitaire pour les nouveaux arrivants en Grèce, et du besoin pour l'UE d'appuyer la Grèce pour la mise en place d'une procédure d'octroi d'asile qui soit conforme aux normes internationales. Un demandeur d'asile arrivant en Grèce actuellement a très peu de chance que sa demande pour obtenir le statut de réfugié soit examinée de façon appropriée.

Un grand nombre des personnes qui arrivent en Grèce sont détenues dans des conditions extrêmement difficiles, et parmi elles se trouvent des enfants non accompagnés et d'autres personnes vulnérables. La plupart n'ont accès ni à une aide juridique ni aux services d'un interprête.

A travers le monde, les facteurs générant des réfugiés ne vont pas en diminuant. Le Haut Commissaire Antonio Guterres a appelé de nouveau cette semaine, dans un discours aux délégations lors du Dialogue du Haut Commissaire à Genève, à un meilleur partage de la charge incombant aux pays pauvres, qui hébergent quatre réfugiés sur cinq à travers le monde.

Le HCR reconnaît le besoin de contrôle aux frontières, mais cela doit se faire en tenant compte de l'aspect protection. Les politiques de contrôle aux frontières qui bloquent sans distinction tout nouvel arrivant encouragent ceux qui cherchent à obtenir le statut de réfugié à tenter des itinéraires parmi les plus risqués et les plus désespérés vers la sécurité - une raison pour laquelle un nombre croissant de demandeurs d'asile se retrouvent aujourd'hui aux mains de réseaux de passeurs.