Le HCR est préoccupé par le sort des Africains sub-sahariens en Libye et insiste sur le manque de vols long-courriers

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 8 mars 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est préoccupé par le nombre croissant de témoignages sur les violences et la discrimination en Libye à l'encontre des Africains sub-sahariens. Ces informations sont rapportées à la fois depuis l'est et l'ouest de la Libye. Le HCR réitère son appel à toutes les parties concernées pour qu'elles reconnaissent la vulnérabilité des réfugiés et des migrants originaires d'Afrique sub-saharienne et pour qu'elles prennent les mesures nécessaires afin d'assurer leur protection.

Hier, une équipe du HCR à la frontière égyptienne a interviewé un groupe de Soudanais arrivé depuis l'est de la Libye. Ce groupe a rapporté que des Libyens armés font du porte à porte, forçant des Africains sub-sahariens à partir. Une jeune Soudanaise de 12 ans a subi un viol. Le groupe fait également état de la confiscation ou de la destruction de papiers d'identité pour un grand nombre d'entre eux. Des incidents similaires à l'encontre d'un groupe de Tchadiens qui ont fui Benghazi, Al Bayda et Brega ces derniers jours nous ont également été rapportés.

A la frontière égyptienne, un Bangladais est décédé ce week-end après une bagarre ayant éclaté durant une distribution de vivres. Le personnel du HCR a indiqué qu'un grand nombre parmi les 3 500 Bangladais présents à la frontière attend depuis plus de 10 jours de pouvoir continuer le voyage de retour et ils s'impatientent. Un grand nombre d'entre eux dorment en plein air dans un froid vif car les lieux d'hébergement à la frontière sont saturés. Plus de 14 000 repas ont été distribués hier à la population bloquée qui se trouve dans et autour du poste frontière. Environ 5 000 personnes attendent d'être transportées vers leurs pays d'origine.

Aux deux frontières, la plupart des personnes qui attendent une évacuation sont des hommes célibataires bangladais. Actuellement, on déplore un manque critique de vols long-courriers vers le Bangladesh, d'autres pays asiatiques ou l'Afrique sub-saharienne. Le HCR et l'OIM utilisent des contributions reçues en espèces pour l'organisation de vols charters, et plusieurs pays donateurs ont offert des vols long-courriers. Néanmoins, avec environ 40 à 50 vols requis pour rapatrier tous les migrants, un financement supplémentaire sera nécessaire pour assurer que tous bénéficient d'un transport vers leur pays d'origine.

Parallèlement, à la frontière tunisienne avec la Libye, le nombre des arrivées a considérablement baissé, avec 2 485 arrivants hier, en comparaison du nombre observé il y a une semaine. Cette baisse coïncide avec l'intensification des combats dans l'ouest de la Libye, où il devient difficile de se déplacer. Des témoignages de personnes arrivées ces derniers jours font état de nombreux barrages routiers militaires, établis le long des routes. La majorité des arrivants expliquent avoir été fouillés à la recherche de téléphones mobiles, de cartes mémoire et de cartes sim. Dans le camp de transit de Choucha, près de la frontière, 15 000 personnes sont actuellement hébergées dans des tentes du HCR. Le HCR a enregistré 311 personnes confrontées à des problèmes en matière de protection, y compris des Somaliens et des Erythréens.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, et le Directeur général de l'OIM, William Lacy Swing, se trouvent aujourd'hui en Tunisie afin de rencontrer des membres du gouvernement. Ils se rendront également dans la région frontalière pour y rencontrer la communauté locale qui accueille généreusement des dizaines de milliers de personnes arrivées ces dernières semaines et qui manifeste une solidarité active aux migrants et aux réfugiés en leur offrant de l'assistance et des abris.

Le nombre des personnes qui ont fui la violence en Libye dépasse 212 000. Parmi elles, on compte 112 169 personnes ayant fui en Tunisie (dont plus de 19 000 Tunisiens et plus de 45 000 Egyptiens), 98 188 en Egypte (dont plus de 68 000 Egyptiens) et 2 025 au Niger (dont plus de 1 800 Nigériens). Le Gouvernement algérien a également informé le HCR de l'arrivée de plus de 4 000 personnes en Algérie par avion, par la route ou par bateau, y compris avec les évacuations depuis la Tunisie et l'Egypte.