Les besoins des Ivoiriens sont sérieusement négligés, avertit le HCR

Le HCR se déclare de plus en plus préoccupé par la réponse très limitée à ce jour pour la crise en Côte d'Ivoire. Alors que l'attention internationale se concentre depuis les dernières semaines sur les événements en Afrique du Nord, la tragédie actuelle en Afrique de l'Ouest passe largement inaperçue. Avec 370 000 déplacés à Abidjan et dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, et 76 956 réfugiés enregistrés à ce jour au Libéria, le total des personnes déracinées approche 500 000.

Le 14 janvier, le HCR a lancé un appel de fonds d'un montant de 46 millions de dollars, principalement pour aider à faire face à l'afflux de réfugiés au Libéria voisin. A ce jour, nous n'avons reçu que cinq millions de dollars et des annonces de contributions pour un montant de 13 millions de dollars. Avec le déplacement de population qui s'accroît, le HCR prépare un nouvel appel de fonds plus élevé pour la semaine prochaine, et nous espérons que les donateurs y répondront de façon plus positive.

Actuellement nous observons une nouvelle dégradation de la sécurité à Abidjan. Après les affrontements qui se sont déroulés dans le quartier d'Abobo le 8 mars et dans le quartier de Cocody le 7 mars, nous avons été informés de 30 blessés et de trois morts. Il est dangereux de se déplacer dans la ville du fait des barrages routiers tenus par des hommes armés, ce qui affecte la population toute entière.

Le HCR continue à aider là où c'est possible, en travaillant souvent via des ONG locales. Nous avons déjà identifié 20 sites dans la ville où se concentrent de nombreux déplacés. L'évaluation des besoins et du nombre des déplacés est en cours dans certains de ces sites, néanmoins il est déjà clair que les déplacés ont d'urgence besoin d'une aide alimentaire et non alimentaire, y compris des médicaments.

En dehors d'Abidjan, la violence dans l'ouest paraît s'étendre dans les régions du centre et du sud-est du pays. Les personnes forcées à fuir témoignent de tentatives pour les stopper dans leur déplacement et d'abus physiques. Des cas de viols ont également été signalés.

Au Libéria cette semaine, des membres de notre personnel se sont entretenus avec une femme réfugiée âgée de 21 ans, qui a fui avec son fils de deux ans, après que des rebelles l'ait battue car elle se défendait lors d'une tentative de viol. Un nombre accru de réfugiés au Libéria témoignent d'échanges de tirs sur la route, les forçant parfois à se cacher ou à dormir dans la brousse.

Avec l'afflux croissant, nous révisons à la hausse notre budget pour répondre aux besoins de 150 000 réfugiés au Libéria.