Le HCR achève ses dialogues régionaux pour les femmes

Le HCR achève en Finlande cette semaine une série originale et émouvante de dialogues pour les femmes qui avait commencé en Inde en novembre dernier.

Les participantes au dialogue en Finlande.   © HCR/ I. Van Horssen

HELSINKI, Finlande, 25 mai (HCR) - Le HCR a achevé une série originale et émouvante de dialogues régionaux pour les femmes qui a commencé en Inde en novembre dernier et qui s'est terminée en Finlande cette semaine.

Les sept réunions pour les dialogues ont rassemblé des centaines de femmes en Afrique, en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et dans les Amériques. Elles visaient à faire entendre la voix des femmes réfugiées pour qu'elles puissent influencer un changement à l'occasion de la commémoration du 60e anniversaire du HCR.

Ce tout dernier dialogue s'est tenu de vendredi à lundi dernier à Helsinki, la capitale finlandaise, où l'expérience des femmes réfugiées est profondément différente de celles qui vivent dans d'autres pays où se sont tenus les précédents dialogues - l'Inde, la Colombie, la Jordanie, l'Ouganda, la Thaïlande et la Zambie.

Malgré la liberté et la sécurité dont bénéficient désormais les femmes et les jeunes filles réfugiées en Finlande, les participantes à cette réunion ont évoqué les défis et les difficultés auxquelles elles sont confrontées dans ce qui demeure un environnement étranger pour la plupart d'entre elles.

« Imaginez une femme qui a subi un traumatisme et un viol, qui est séparée de sa famille et qui s'inquiète de ses enfants et de son mari vivant dans un camp, qui ne parle pas un mot de finlandais et qui n'a aucune idée de la culture et de la société locales », a demandé l'une des 25 participantes. « Elle est complètement perdue lorsqu'elle arrive ici », a ajouté une Sri Lankaise.

Une autre participante, Ivanka, arrivée en Finlande en 1992 après avoir fui son pays d'origine dans les Balkans, a indiqué que le plus difficile était au début lorsque les réfugiés devaient attendre des mois voire des années pour recevoir des papiers et le permis de séjour dans ce pays nordique. Elle a expliqué qu'il lui avait été difficile de s'y intégrer.

Elle s'est remémorée l'isolement et la solitude en « essayant d'apprendre la langue, de comprendre la société, d'être acceptée. Puis de gérer l'espoir de retourner un jour dans son pays d'origine, suivi de la tristesse en comprendant que cela pourrait ne jamais plus se produire. »

Toutefois, elle a surmonté les épreuves et elle se sent plus forte. Elle a parlé de « résilience » et elle a ajouté que « maintenant, après tant d'années, je me sens intégrée et je peux aider d'autres personnes qui viennent tout juste d'arriver. »

Ivanka parle désormais le finlandais, le suédois et l'anglais en plus de sa langue maternelle. Pendant les quatre dernières années, elle a travaillé pour le centre d'éducation pour les adultes, qui assure un accompagnement et une sensibilisation sur le pays d'accueil au bénéfice des demandeurs d'asile et des réfugiés nouvellement arrivés. « J'ai ressenti qu'avec mon bagage et mon expérience, je pouvais apporter une aide et vraiment guider les personnes qui arrivent ici et qui se sentent perdues. »

La Finlande, un pays de cinq millions d'habitants, a un quota de réinstallation de 750 réfugiés. De plus, le pays fournit asile et protection à un grand nombre de demandeurs d'asile chaque année. Entre 2006 et 2010, plus de 17 000 personnes ont déposé une demande d'asile dans ce pays. Pour cette période, la moyenne du taux d'octroi du statut de réfugié s'élève à 63%. Selon le Ministère finlandais de l'Intérieur, le pays est confronté à des difficultés dans l'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile par certaines municipalités qui sont préoccupées par les coûts induits du fait de leur présence. Le racisme est également devenu un problème plus important ces dernières années.

« Les attitudes négatives de certaines personnes dans la société sont une préoccupation pour de nombreux Finlandais, mais tout spécialement envers les immigrants », a indiqué Mina, une Iranienne, aux participants. « Nous avons besoin de lutter pour prouver que nous pouvons offrir une valeur ajoutée et que nous ne sommes pas un fardeau dans cette société. »

Les dialogues précédents se sont révélés tout aussi animés et pertinents. Chacune des réunions a eu sa propre originalité, mais toutes ont aidé à mettre en avant les problèmes et les défis auxquels les femmes et les jeunes filles sont soumises après avoir été forcées de quitter leur pays d'origine du fait de la violence ou de la persécution.

Des recommandations issues de ces dialogues seront communiquées lors de la réunion ministérielle qui se tiendra à Genève en décembre 2011.

Par Astrid van Genderen Stort à Helsinki, Finlande