Le HCR craint de nouveaux déplacements dans la région d'Abyei au Soudan

La situation reste tendue et la population, qui a été forcée de fuir de récents combats, craint une attaque imminente.

Carte du Soudan  © HCR

GENÈVE, 31 mai (HCR) - Le HCR a fait part de ses inquiétudes sur le nombre de déplacés qui pourrait s'accroître dans la région d'Abyei au Soudan suite à une récente éruption des combats.

La situation sécuritaire reste précaire après l'éruption des combats survenue il y a une semaine à Abyei, une ville revendiquée à la fois par les autorités du sud et du nord du Soudan.

Des employés du HCR ont constaté que la ville d'Abyei s'était vidée de sa population qui compte habituellement entre 50 000 et 55 000 habitants. Environ un tiers des tukuls (huttes traditionnelles) ont été réduites en cendres. Beaucoup d'autres ont été pillées ou détruites, et elles étaient dépourvues de toit, de porte ou de fenêtres. Des camions ont été vus transportant des objets pillés hors d'Abyei. De nombreux combattants étaient présents dans les rues et des échanges de tirs sporadiques étaient entendus lundi soir.

« L'équipe des Nations Unies [qui a mené cette visite la semaine dernière] a constaté un afflux de civils se dirigeant vers le sud et au-delà d'Agok », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève mardi. « Plusieurs villages situés juste au sud d'Abyei ont été brûlés. De nombreuses personnes disaient craindre une attaque imminente contre la ville d'Agok. »

A ce jour, 31 256 personnes déplacées ont déjà été enregistrées dans l'Etat de Warrap et 27 961 autres dans la ville d'Agok - qui fait partie de la circonscription d'Abyei. De plus petits nombres de déplacés se trouveraient également dans les Etats voisins au sud-ouest d'Abyei. Des familles ont par ailleurs été séparées durant les violences.

« A Agok, des personnes déplacées nous ont indiqué que de nombreux civils s'étaient cachés dans la brousse pour éviter d'être pris au piège dans les combats », a indiqué Adrian Edwards. Des personnes déplacées vivent avec leurs proches mais la majorité n'ont pas de parents pouvant les accueillir et ils ont besoin d'urgence de nourriture, d'abri, de vêtements et d'autres articles de secours.

« Des équipes d'évaluation essayent actuellement d'accéder à des zones isolées à cause de l'insécurité et de fortes pluies », a indiqué le porte-parole du HCR.

L'agence pour les réfugiés et ses partenaires essayent actuellement de localiser les personnes déplacées dans la région et d'identifier les plus vulnérables d'entre elles. Des membres du personnel du HCR ont assuré une aide psychologique aux personnes traumatisées et prévoient de transporter celles qui ne peuvent pas marcher pour rejoindre des lieux plus sûrs où elles pourront recevoir une aide.

Les agences humanitaires distribuent des articles de secours à partir de leur stock mais une livraison de matériel humanitaire supplémentaire est actuellement retardée du fait de l'insécurité dans la région. Avant les récents troubles, Abyei était une ville clé sur la principale route de transport de l'aide humanitaire depuis le nord vers des centaines de milliers de Soudanais auparavant déplacés et récemment rentrés dans le sud du pays.

Par Fatoumata Lejeune-Kaba à Genève