Le HCR appelle à restaurer la confiance pour des retours durables au Kirghizistan

Un an après les affrontements meurtriers de juin 2010, des dizaines de milliers de personnes au sud du Kirghizistan sont encore déplacées.

Un couple de rapatriés devant sa nouvelle maison construite par le HCR à Djalalabad, au sud du Kirghizistan.  © HCR/N.Prokopchuk

OCH, Kirghizistan, 10 juin (HCR) - Un an après l'éruption des violences dans le sud du Kirghizistan, des dizaines de milliers de personnes sont toujours déplacées. Le HCR estime que les efforts pour le rétablissement de la confiance doivent être renforcés pour assurer des retours durables et une véritable réconciliation.

Plus de 400 personnes ont été tuées et 375 000 autres ont été forcées de fuir leur maison lorsque des violences communautaires ont frappé le sud du Kirghizistan entre le 10 et le 14 juin 2010, principalement à Och et Djalalabad. Sur ces personnes déracinées, quelque 75 000 d'entre elles ont fui vers l'Ouzbékistan voisin alors que 300 000 ont été déplacées au sein du Kirghizistan.

Durant les 100 jours qu'ont duré les événements l'été dernier, le HCR avait aidé à construire des abris temporaires pour plus de 13 400 personnes dont les maisons avaient été détruites. L'hiver dernier, le HCR a également distribué du charbon (plusieurs tonnes), des vêtements chauds et des biens de secours à 21 000 personnes pour les aider à survivre durant les six mois d'hiver.

La plupart des personnes déracinées ont pu revenir rapidement dans leur région d'origine. Cependant, quelque 60 000 personnes sont toujours dispersées à travers le Kirghizistan et en exil à l'étranger aujourd'hui. Certaines disent que leur maison est endommagée, d'autres font part de leurs préoccupations sur la situation de sécurité ainsi que le manque de logement ou d'emplois dans leur lieu d'origine. Par ailleurs, 20 000 personnes sont encore hébergées au sein de familles d'accueil.

« Après un an, il est encore trop tôt pour parler de stabilité », a indiqué un homme âgé de 39 ans. « Nous ne pouvons toujours pas laisser nos enfants jouer seuls dans les rues et nous devons toujours être présents pour les accompagner en dehors de la maison. »

Une femme, âgée de 42 ans, s'est lamentée sur le nombre des usines à Djalalabad qui s'est dramatiquement réduit. « Il devrait y avoir du travail pour tout le monde, pour que les gens n'aient pas à quitter leur famille pour aller en Russie gagner de l'argent », a-t-elle indiqué. « Nous [les différentes communautés] devrions travailler toutes ensemble dans les mêmes usines. C'est en passant du temps ensemble et en travaillant côte à côte que nous allons regagner la confiance et nous comprendre mieux les uns les autres. »

Les équipes du HCR travaillent dans 50 lieux à travers Och et Djalalabad pour suivre de près la situation, discuter et rechercher des solutions pour de nouvelles problèmatiques au côté des communautés et des autorités. Le HCR met à disposition une hotline gratuite 24h/24 recevant environ 100 appels par semaine. Les personnes qui appellent sont principalement préoccupées par la livraison de matériel humanitaire, des conseils sur les droits légaux et de propriété, l'accès aux services publics, des problèmes de sécurité et comment restaurer le commerce et l'emploi.

Aujourd'hui, le HCR et ses partenaires continuent à porter assistance à 280 000 personnes affectées par les événements de juin dernier à Och et Djalalabad, y compris par le financement d'équipes mobiles pour les aider à restaurer les documents de propriété foncière et d'identité qui étaient perdus ou endommagés par les violences de l'année dernière. Le HCR se concentre également sur les besoins des personnes affectées en matière juridique et socio-économique, avec une attention particulière aux personnes vulnérables ou ayant des besoins spécifiques. Le HCR a démarré des projets à impact rapide pour la réhabilitation de petites infrastructures, pour générer des revenus et consolider la paix.

Le HCR se concentre également sur les besoins des personnes affectées en matière juridique et socio-économique, avec une attention particulière aux personnes vulnérables ou ayant des besoins spécifiques. Nous avons démarré des projets à impact rapide pour la réhabilitation de petites infrastructures, pour générer des revenus et consolider la paix.

Le HCR sollicite actuellement 5,4 millions de dollars auprès des pays donateurs pour mettre en oeuvre ces activités. L'agence a reçu un peu plus de la moitié de la somme de 11,4 millions de dollars nécessaire pour son travail au Kirghizistan cette année.

Par Natalia Prokopchuk et Dania Gaisina à Och, Kirghizistan