Angelina Jolie se rend auprès des réfugiés syriens en Turquie

Angelina Jolie s'est rendue vendredi en Turquie à la frontière avec la Syrie, où elle a rencontré de nombreux réfugiés ayant fui leur pays ces dernières semaines.

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie au camp des réfugiés syriens, dans la ville d'Altinozu au sud de la Turquie.  © HCR/J.Tanner

PROVINCE D'HATAY, Turquie, 17 juin (HCR) - L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie s'est rendue vendredi en Turquie à la frontière avec la Syrie, où elle a rencontré de nombreux réfugiés ayant fui leur pays ces dernières semaines.

L'exode des civils depuis le nord-ouest de la Syrie a augmenté considérablement ces deux dernières semaines. On compte désormais plus de 9 600 personnes qui vivent dans quatre camps gérés par la Turquie avec le Croissant-Rouge turc.

Accompagnée par le personnel du HCR ainsi que des représentants des autorités turques, Angelina Jolie s'est rendue au camp d'Altinozu dans la province de Hatay, à 20 kilomètres de la frontière syrienne. Quelque 1 700 Syriens y ont trouvé abri. « Les personnes hébergées dans ce camp ont fui car elles craignaient pour leur vie, et un grand nombre d'entre elles m'ont parlé de leur angoisse pour la sécurité de leurs proches restés en Syrie », a-t-elle indiqué.

Elle a rencontré une réfugiée syrienne ayant réussi à quitter la Syrie alors que sa grossesse était avancée. Depuis, elle a donné naissance à son bébé dans le camp. Cette mère a expliqué comment son mari avait été tué.

Une autre réfugiée, très angoissée, a expliqué à Angelina Jolie qu'elle était malade d'inquiétude au sujet de son mari resté en Syrie et ne pouvant pas traverser la frontière. « Cette personne a expliqué que son mari, tout comme un grand nombre de Syriens, avait trop peur de traverser la frontière », a ajouté Angelina Jolie.

L'actrice américaine a rendu hommage à la Turquie qui accueille les réfugiés, en ajoutant qu'il était essentiel dans ce type de situation que les personnes aient accès à la sécurité. « Je suis vraiment reconnaissante de la politique de portes ouvertes menée par la Turquie, un pays qui permet à ces personnes d'entrer sur son territoire et qui assure qu'il n'y aura pas de retours forcés. »

A son arrivée, une foule d'enfants enthousiastes a chanté « regarde qui est là » et « bienvenue, bienvenue » tout en se pressant autour d'elle pour lui serrer la main. Un grand nombre de ces enfants avaient des slogans inscrits sur le front, comme le mot « liberté. »

« J'apprécie l'occasion qui m'est donnée de visiter ce camp et de m'entretenir avec ces familles », a indiqué Angelina Jolie. « C'est une situation vraiment complexe et chacun doit faire son possible pour aider les familles innocentes prises entre deux feux. Je suivrai de près cette situation et je ferai tout mon possible pour aider ces personnes », a-t-elle ajouté.

« Le Gouvernement de Turquie et le Croissant-Rouge turc ont fait preuve d'une immense générosité envers les milliers de personnes qui ont fui la Syrie. Le Croissant-Rouge a érigé des camps très rapidement et cette organisation fournit également des soins médicaux et d'autres services essentiels. Le HCR se tient également prêt à porter assistance si la situation venait à se dégrader. »

Avant la mission d'Angelina Jolie, le HCR avait reçu des dizaines d'e-mails la remerciant pour son projet de mission à la frontière entre la Turquie et la Syrie et pour son soutien aux personnes déracinées. Les réfugiés hébergés au camp d'Altinozu lui ont également fait part de leurs remerciements en entonnant des chants joyeux.

Parallèlement, l'Ambassadrice de bonne volonté a souligné la pertinence de la nouvelle campagne mondiale du HCR - intitulée : 1 seul réfugié, c'est déjà trop - avec cette crise.

« Dans cette campagne, nous soulignons le fait qu'un seul réfugié sans abri, c'est déjà trop. Or, dans cette tout dernière crise de déplacement, nous voyons des milliers de personnes dans le besoin et il pourrait y en avoir bien davantage en Syrie qui n'ont encore reçu aucune aide. Ces personnes méritent et ont besoin de notre aide », a-t-elle expliqué.

Par Ariane Rummery, dans la province de Hatay, Turquie