Le HCR ouvre un nouveau camp pour réfugiés ivoiriens dans l'est du Libéria

Le HCR ouvre un sixième camp pouvant accueillir jusqu'à 27 000 réfugiés de Côte d'Ivoire hébergés depuis plusieurs mois par des communautés d'accueil dans l'est du Libéria.

Réfugiés ivoiriens se trouvant dans une zone frontalière après avoir fui leur foyer au début de l'année. Parmi ceux qui sont encore au Libéria, beaucoup sont transférés dans des camps.   © HCR/G.Gordon

DEPARTEMENT DE GRAND GEDEH, Libéria, 2 septembre (HCR) - Le HCR a ouvert un sixième camp pouvant accueillir jusqu'à 27 000 réfugiés de Côte d'Ivoire hébergés par des communautés d'accueil dans l'est du Libéria après avoir fui leur pays d'origine.

Ce tout nouveau camp a ouvert jeudi sur un terrain qui appartenait auparavant à l'entreprise Prime Timber Production (PTP) dans le département de Grand Gedeh. Le but est d'améliorer la protection et l'assistance des réfugiés actuellement dispersés dans 300 lieux reculés différents le long de la frontière avec la Côte d'Ivoire.

Les réfugiés transférés ont déclaré aux employés du HCR qu'ils n'étaient pas encore prêts à rentrer chez eux. Ils ont fui au Libéria après l'éclatement de la violence entre les partisans des candidats rivaux aux élections présidentielles de novembre dernier, mais le conflit s'est terminé en avril.

En s'installant dans le camp de PTP à l'intérieur du pays, ils pourront bénéficier de meilleurs services comme une distribution mensuelle de nourriture, des soins médicaux, une éducation, de l'eau et des sanitaires. Le camp, le plus grand parmi les six au Libéria, offre aussi des abris familiaux.

« J'ai décidé de m'installer dans le camp de PTP parce que là-bas je peux bénéficier de meilleurs services et de davantage d'intimité », a déclaré Tai, un professeur d'anglais de 42 ans originaire de Guiglo, qui a perdu un enfant pendant les violences. « Je ne rentre pas en Côte d'Ivoire maintenant », a-t-il ajouté.

L'ouverture du camp de PTP fait partie d'une opération de transfert qui a lieu le long de la frontière. Le HCR compte transférer 50 000 réfugiés supplémentaires vers les six camps d'ici la fin de l'année, malgré les défis logistiques posés par les fortes pluies et les routes boueuses.

« Nous sommes ravis de répondre aux désirs d'installation qu'expriment les réfugiés eux-mêmes », a affirmé Andrew Mbogori, le chef de la sous-délégation du HCR située dans la ville de Saclepea, en ajoutant que des dizaines de réfugiés étaient venus d'eux-mêmes à pied vers les camps.

Selon la planification actuelle, le camp de PTP sera le dernier à être ouvert au Libéria, car la situation sécuritaire continue de s'améliorer en Côte d'Ivoire. Quelque 70 000 réfugiés seraient déjà rentrés de leur plein gré dans l'ouest de la Côte d'Ivoire ces derniers mois.

Le mois dernier, les gouvernements du Libéria, de Côte d'Ivoire et le HCR ont signé un accord tripartite pour le rapatriement librement consenti des réfugiés ivoiriens. Cet accord fixe le cadre juridique pour le retour volontaire des réfugiés dans la sécurité et la dignité. Le HCR travaille sur les modalités d'une opération de rapatriement organisée dont la date de lancement doit encore être décidée.

Plus de 173 000 Ivoiriens auraient franchi la frontière avec le Libéria au lendemain des élections de novembre dernier à cause de l'instabilité. Environ 30 000 vivent dans les cinq autres camps déjà installés. En outre, 26 000 réfugiés ivoiriens auraient fui dans 12 autres pays de la région.

Par Sulaiman Momodu dans le département de Grand Gedeh, Libéria