Au Pakistan, des patients démunis bénéficient de l'aide aux réfugiés

L'initiative RAHA (Zones abritant des réfugiés et des communautés d'accueil) aide les réfugiés afghans en améliorant les installations sanitaires, la santé et la distribution d'eau.

Des équipements médicaux fournis gracieusement à l'hôpital d'Hayatabad au nord-ouest du Pakistan dans le cadre d'un programme conjoint des Nations Unies. Grâce à eux, Mohammad Tahir améliore les soins à ses patients.  © HCR/R.Ali

PESHAWAR, Pakistan, 28 novembre (HCR) - Il y a plusieurs années, après avoir pratiqué en Europe, le docteur Mohammad Tahir est rentré dans son pays natal, le Pakistan, pour y aider ceux qui n'ont pas les moyens de payer des soins médicaux.

A son arrivée, il a trouvé des équipes de médecins et d'infimières très motivées, mais dépourvues d'équipement hospitalier moderne.

« Nous avons du personnel dévoué dans les hôpitaux publics mais il y a une pénurie de technologie, tout spécialement dans les services de chirurgie plastique et de soins aux grands brûlés », a indiqué le docteur Tahir, qui dirige l'hôpital d'Hayatabad au nord-ouest du Pakistan.

« La plupart des patients ici sont très pauvres et ils n'ont pas les moyens de payer un traitement dans le privé. Ironiquement, ils arrivent ici car ils ont été victimes d'accidents de la route ou du travail, de la déflagration de bombes ou de brûlures au troisième degré », a-t-il ajouté.

La capacité des médecins à soigner ces blessés a été récemment améliorée de façon spectaculaire par un don de matériel chirurgical, dans le cadre d'un programme conjoint entre le Gouvernement pakistanais et les agences des Nations Unies, pour aider les réfugiés afghans au Pakistan et leurs communautés d'accueil.

L'initiative RAHA (Zones abritant des réfugiés et des communautés d'accueil) vise à souligner, pour certaines régions, l'impact résultant de l'accueil de réfugiés afghans durant plus de 30 ans. Elle permet d'aider des communautés par l'amélioration des installations sanitaires, de la santé et de la distribution d'eau.

Le centre médical d'Hayatabad est le deuxième de la province de Khyber Pakhtunkwha, au nord-ouest du pays. Des soins médicaux gratuits y sont dispensés aux Pakistanais et aux réfugiés afghans, qui représentent 40% des patients. C'est le seul hôpital public de la province qui comprend un service de chirurgie plastique et reconstructive et qui répond à un éventail de besoins dans le domaine des malformations congénitales, des traumatismes, des accidents de la route et des brûlures au troisième degré.

L'équipement fourni à l'hôpital a été acheté grâce à une allocation de 170 000 dollars perçue dans le cadre de l'initiative RAHA financée par l'Allemagne via la KfW Development Bank. Le docteur Tahir a indiqué que cette technologie avait réduit de façon spectaculaire la période de convalescence post-chirurgicale. Un patient avec une fracture de la machoire peut désormais reprendre son activité après 48 heures alors qu'avant, il lui aurait fallu deux mois de convalescence.

« La situation économique d'une famille se dégrade si la personne qui ramène l'argent est malade et reste au lit plusieurs semaines. Souvent ils doivent ensuite emprunter de l'argent pour survivre », a indiqué le docteur Tahir. « Grâce à cet équipement, le patient peut reprendre ses activités quotidiennes en quelques jours dans la plupart des cas. »

Lancée en 2009, l'initiative RAHA devrait bénéficier à 2,5 millions de Pakistanais et d'Afghans. Plus de 400 projets ont été achevés depuis son lancement, principalement dans les provinces du Baloutchistan et de Khyber Pakhtunkwa où est hébergée une importante population de réfugiés afghans.

« En fournissant ou en améliorant des services essentiels dans ces communautés, l'initiative RAHA favorise leur co-existence en renforçant les services sociaux et en créant des opportunités économiques », a indiqué Ahmed Warsame, chef du bureau du HCR à Peshawar.

Pour le docteur Tahir, ses aspirations d'antan sont comblées. « Désormais, je peux fournir des soins à mes patients au même niveau que ceux que j'assurais en Europe. »

Par Rabia Ali à Peshawar, Pakistan