Le HCR intensifie les rapatriements du Libéria vers la Côte d'Ivoire

Le HCR rapatrie un groupe d'environ 550 réfugiés ivoiriens des comtés libériens de Nimba et Grand Gedeh, intensifiant ainsi les rapatriements.

Un bus ramenant des réfugiés ivoiriens du Libéria vers leur région d'origine.  © HCR/S.Momodu

TOE TOWN, Libéria, 9 décembre (HCR) - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés intensifie ses opérations de rapatriement librement consenti des réfugiés de Côte d'Ivoire vivant au Libéria. Jeudi, le HCR a rapatrié un groupe de 546 réfugiés ivoiriens vivant jusqu'alors dans les comtés de Nimba et Grand Gedeh.

Ce convoi transportait davantage de rapatriés que le total des trois précédents convois de cette opération de rapatriement lancée en octobre. Les réfugiés avaient fui les violences ayant éclaté à la suite des élections présidentielles contestées de novembre 2010. Le HCR prévoit des convois de retour tous les mardis et jeudis car de plus en plus de réfugiés s'inscrivent pour bénéficier d'une aide au retour.

Le HCR et ses partenaires ont utilisé des camions, des bus, des voitures et des ambulances pour ramener les rapatriés en Côte d'Ivoire via le centre de transit de Toe Town situé du côté libérien de la frontière entre les deux pays. C'est là qu'on leur a donné du pain, des sardines, des biscuits à haute teneur en protéines et de l'eau. Ils ont aussi reçu des couvertures, des nattes et des jerrycans.

« La dynamique du retour est lancée et nous allons continuer à les aider à rentrer », a déclaré plus tard Fatima Mohammed, chargée de protection du HCR, alors que le convoi partait pour la Côte d'Ivoire, les réfugiés agitant la main en signe d'adieu.

Les principales zones de retour des réfugiés étaient les villes de Touleupleu et Danane dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Les réfugiés des précédents convois étaient principalement rentrés vers Bloléquin, Touleupleu, Doukoué et Guiglo, d'autres villes de l'Ouest ayant connu des combats intenses à l'apogée de la crise ivoirienne.

Certains déclarent qu'ils rentrent parce que la guerre est terminée et que la paix règne désormais dans leurs régions d'origine. D'autres disent qu'ils doivent rentrer pour étudier, cultiver leurs terres, trouver du travail ou rejoindre les membres de leur famille dont ils ont été séparés pendant les violences.

« Je suis lycéenne. Je rentre chez moi parce que je veux retourner à l'école », a affirmé Daplé, une jeune femme de 20 ans mère de deux enfants. Kui-Zoto a déclaré qu'il voulait rentrer pour reprendre sa carrière peu commune. « J'étais comique à la station de radio de Touleupleu. Je rentre pour poursuivre mon travail. »

Les réfugiés ivoiriens au Togo commencent aussi à rentrer. Le 1er décembre, le HCR a organisé un premier convoi de 47 réfugiés parmi les plus de 600 enregistrés pour le rapatriement.

Un peu plus d'un an après les élections présidentielles ayant déclenché les six mois de violences, quelque 96 000 réfugiés ivoiriens sont rentrés du Libéria. D'autres souhaiteraient rentrer mais attendent de voir ce qui va se passer après les élections législatives prévues ce dimanche en Côte d'Ivoire.

Le HCR se réjouit de cette dynamique de rapatriement, car elle indique une amélioration de la sécurité en Côte d'Ivoire. En août, les gouvernements du Libéria, de Côte d'Ivoire et le HCR ont signé un accord pour aider les réfugiés souhaitant être rapatriés. Le HCR a signé des accords similaires avec le Ghana, la Guinée et le Togo.

Il y a encore quelque 170 000 réfugiés ivoiriens en Afrique de l'Ouest. La majorité d'entre eux se trouvent au Libéria (138 164), au Ghana (15 948), au Togo (5 110) et en Guinée (2 480).