Les nouvelles sur l'Afghanistan incitent une famille réfugiée au retour

Bien qu'il ait grandi au Pakistan, le lien est très fort avec son pays natal chez ce jeune réfugié afghan et sa famille.

Anaar Gul s'enregistre pour le retour en Afghanistan dans un centre de rapatriement volontaire du HCR, près de Quetta dans le sud du Pakistan. Bien que nés au Pakistan, des réfugiés ressentent que le moment est venu de rentrer dans leur pays d'origine.  © HCR/J.Tareen

QUETTA, Pakistan, 5 janvier (HCR) - Anaar Gul, qui est réfugié afghan, n'a jamais vu son pays d'origine. Il a des sentiments mitigés car il va quitter le Pakistan où il est né et a grandi.

Ses hésitations sont toutefois dépassées par l'impatience grandissante de voir son village ancestral qu'il ne connaît que par les histoires racontées par ses aïeuls.

La décision de rentrer en Afghanistan avec sa femme, sa fille et ses parents n'a pas été prise à la légère. Lors de son entretien avec le personnel du HCR au centre de rapatriement volontaire de Quetta, Anaar Gul, âgé de 27 ans, a expliquà que ses proches les avaient rassurés sur l'amélioration de la situation de sécurité et des opportunités économiques dans le village d'origine de la famille, qui est situé dans la province d'Helmand au sud du pays.

Anaar Gul travaille avec son père en tant qu'ouvrier agricole depuis l'âge de 15 ans. Il estime qu'en rentrant dans son pays d'origine, il peut gagner davantage que son salaire moyen journalier de 200 roupies (2 dollars) au Pakistan.

« Nos proches nous disent qu'ils peuvent gagner 600 roupies (8 dollars) par jour sur des chantiers de construction routière. C'est suffisant pour nous permettre d'avoir une vie décente dans notre propre pays », explique-t-il.

Depuis 2002, le programme de rapatriement volontaire du HCR a permis de porter assistance à plus de 3,7 millions de réfugiés afghans pour leur retour en Afghanistan. En 2011, quelque 50 000 réfugiés afghans sont rentrés depuis le Pakistan. C'est l'une des plus importantes opérations de rapatriement au monde même si le nombre de rapatriés a significativement baissé par rapport aux 110 000 retours enregistrés en 2010.

En 2011, le HCR a fourni aux Afghans de retour dans leur pays d'origine une allocation en espèces de 150 dollars par personne. Ce montant représente une augmentation de 50 pour cent par rapport aux années précédentes, du fait de la hausse des coûts de retour auxquels sont confrontés les rapatriés.

Chaque réfugié afghan prend une décision librement consentie et en toute connaissance de cause sur la situation dans son pays d'origine. Dans les centres de rapatriement volontaire du HCR, les réfugiés signent un formulaire de rapatriement volontaire, qui est une déclaration sur leur décision librement consentie pour le retour.

Anaar Gul et sa famille prévoient de vivre d'abord chez des proches à Helmand pendant la recherche d'un emploi et d'une maison. Environ 12% des réfugiés afghans sont rentrés dans les provinces du sud du pays comme Helmand, alors que près de 30% des rapatriés s'installent dans les provinces de l'est du pays, à la frontière avec le Pakistan.

Depuis qu'il était enfant, Anaar Gul se souvient avoir toujours été considéré comme un réfugié. Il se rappelle de fréquents sentiments d'isolement.

« Avec le temps, je me suis pourtant intégré parmi la population locale et, maintenant, je me sens davantage pakistanais », explique-t-il. Il en a fait la preuve en nommant le Président du Pakistan, tout en admettant ne pas se rappeler le nom du dirigeant afghan.

Gul a indiqué qu'il n'oublierait jamais la générosité et l'hospitalité dont a fait preuve le peuple pakistanais envers les Afghans à une période difficile.

Même au moment du départ, a-t-il expliqué, ses amis et voisins cherchaient à lui venir en aide. « Hier soir, ils m'ont donné de l'argent. Aujourd'hui, nous recevons des appels de personnes qui s'inquiètent pour nous. »

Par Qaiser Khan Afridi à Quetta