Camps de réfugiés en danger dans la Corne de l'Afrique

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahečić – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 13 janvier 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est de plus en plus préoccupé par l'insécurité qui règne à l'intérieur et autour des camps hébergeant des centaines de milliers de réfugiés somaliens dans la Corne de l'Afrique.

La situation est particulièrement inquiétante, complexe et fragile dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya où la menace d'engins explosifs improvisés, d'enlèvements, de détournements de véhicules et de banditisme reste élevée. Outre les assassinats d'officiers de police et les enlèvements de travailleurs humanitaires, nous observons que les réfugiés sont également visés. Deux représentants des réfugiés s'étant portés volontaires pour contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans les camps ont été tués au début de l'année. Tous deux travaillaient au sein des Equipes communautaires de paix et de sécurité, respectivement dans le camp de Hagadera et le camp d'Ifo. Les autorités kényanes enquêtent sur ces meurtres ainsi que sur d'autres menaces et violences contre des réfugiés.

Ces événements et d'autres, depuis fin octobre, empoisonnent la vie des 460 000 membres de la population de la plus grande installation de réfugiés au monde. La capacité des organisations humanitaires à fournir des services est grandement restreinte. Les travailleurs humanitaires doivent faire face à des restrictions de circulation entre la ville de Dadaab et les camps, et les escortes policières sont devenues indispensables pour ce type de déplacements.

Malgré ces difficultés, les services de base comme la santé, la nourriture, l'eau, l'assainissement, l'éducation et la protection sont assurés grâce à la planification et à l'étroite coopération entre les partenaires et les communautés réfugiées à Dadaab. En collaboration avec nos partenaires, nous envisageons également d'autres moyens de fournir les services, notamment en impliquant davantage la communauté d'accueil, en renforçant l'implication et les responsabilités de travailleurs réfugiés motivés et en améliorant la communication avec la communauté réfugiée.

Pendant ce temps, en Ethiopie, un incident sécuritaire a eu lieu près des camps de Dollo Ado mercredi matin. Trois hommes armés en civil ont tenté de stopper un véhicule appartenant à une ONG internationale sur la principale route d'accès entre la ville de Dollo Ado et le camp de Bur Amino, le cinquième et plus récent camp de réfugiés installé à cet endroit. Le véhicule, avec quatre personnes à son bord, ne s'est pas arrêté et les hommes ont ouvert le feu. Heureusement, personne n'a été blessé.

C'est le premier incident de ce type dans la zone de Dollo Ado, restée relativement calme dans la période de crise de déplacements massifs. Bien qu'il s'agisse d'un incident isolé, les organisations humanitaires ont restreint toutes leurs activités et déplacements non essentiels dans les cinq camps de Dollo Ado, lesquels hébergent actuellement quelque 140 000 personnes. Ce sont des mesures provisoires le temps que les autorités éthiopiennes mènent leur enquête et que des mesures supplémentaires soient prises pour renforcer la sécurité du personnel humanitaire. Nos équipes continuent d'agir dans les camps plus éloignés de la frontière, ainsi que dans les centres d'accueil et de transit, où les réfugiés nouvellement arrivés de Somalie sont enregistrés et bénéficient d'une protection et d'une assistance.

Plus de 955 000 Somaliens vivent comme réfugiés dans les pays voisins de la Somalie - principalement au Kenya (520 000), au Yémen (203 000) et en Ethiopie (186 000). Un tiers d'entre eux a fui la Somalie au cours de l'année 2011. En outre, 1,3 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur de la Somalie.