Aide du HCR aux pays accueillant les personnes fuyant les affrontements au nord du Mali

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 10 février 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR intensifie sa réponse à la crise du Mali avec le transport par avion et par camion de matériel d'aide humanitaire vers les pays voisins pour des milliers de personnes qui ont fui les affrontements entre des rebelles touaregs et l'armée malienne. Ce matin, à 07h18 heure locale, un premier avion cargo - sur les quatre qui sont prévus - a atterri à Nema, en Mauritanie, avec 300 tentes à bord.

Le HCR avait également acheté 1200 tentes pour la Mauritanie, 2000 autres pour le Niger et 500 pour le Burkina Faso. Elles seront acheminées par avion vers nos entrepôts au Cameroun et au Ghana pour répondre aux besoins critiques en abris dans les zones d'afflux. Les camions vont également transporter des articles de secours d'urgence comme des matelas, des couvertures, des jerrycans, des moustiquaires et des batteries d'ustensiles de cuisine. Deux camions transportant 40 tonnes de matériel d'aide rejoignent actuellement le Niger depuis Accra, où ils devraient arriver en milieu de semaine prochaine.

Parallèlement, au point de passage frontière de Fassala en Mauritanie avec le Mali, les autorités mauritaniennes et le HCR travaillent sans relâche pour fournir de la nourriture, de l'eau potable et des abris aux réfugiés. Le HCR a déjà envoyé plusieurs convois pour acheminer des vivres et des articles de secours. Une distribution de rations alimentaires de 15 jours est actuellement menée par les autorités locales.

La plupart des 10 887 réfugiés maliens en Mauritanie sont des Touaregs, dont la majorité fuient depuis Léré, un village situé non loin. Les autorités mauritaniennes ont identifié un site potentiel de camp à M'Bera, à 50 kilomètres de la frontière, et prévoient avec le HCR d'y transférer les réfugiés. Ce même site avait accueilli environ 30 000 réfugiés maliens dans les années 1990, lors d'affrontements entre les rebelles touaregs et l'armée malienne.

Au Niger, hier, notre équipe d'urgence a interviewé un groupe de réfugiés maliens dans la zone de Sinegodar à environ 278 kilomètres, au nord-est de la capitale Niamey. Les réfugiés nous ont indiqué que leur ville natale Anderamboukane s'est désormais vidée de ses habitants. Ils disent que la population a fui depuis la ville frontalière malienne après une attaque menée le 26 janvier par des rebelles qui ont pillé, empoisonné des sources d'eau, réduit en cendres des habitations et des commerces et qui ont volé le bétail.

Ils ont tous indiqué qu'ils voulaient rentrer chez eux dès que la paix serait restaurée. En attendant, ils souhaiteraient retourner sur place pour sauver ce qui peut l'être parmi leurs biens personnels et le bétail qui aurait survécu aux attaques et aux pillages.

Au Burkina Faso, le HCR va distribuer de l'aide - provenant de ses stocks sur place - aux réfugiés maliens ainsi qu'aux communautés hôtes dans la région aride au nord du pays. Environ 8000 personnes sont arrivées au Burkina Faso depuis le Mali, dont 6000 d'entre elles se trouvent dans le nord du pays.

Depuis le début de l’offensive menée par la rébellion touareg au nord du Mali le 17 janvier, entre 25 000 et 30 000 personnes ont traversé la frontière en quête de sécurité principalement dans les pays voisins, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger. Ils ne sont pas tous des réfugiés ou des demandeurs d’asile. Au Niger, par exemple, certains sont des ressortissants nigériens.