Le HCR intensifie la réponse d'urgence dans la crise de déplacement de population depuis le Mali

Le HCR achemine des tentes par avion-cargo vers Nema en Mauritanie et des biens de secours par camion vers les zones d'afflux de réfugiés maliens.

Des femmes et des enfants touaregs attendant une assistance dans le village frontalier mauritanien de Fassala, après avoir fui le Mali.   © HCR/A.O.Barry

GENÈVE, 10 février (HCR) - Le HCR intensifie sa réponse à la crise de déplacement de population depuis le Mali avec le lancement d'un pont aérien pour transporter du matériel d'aide humanitaire vers les pays voisins pour des milliers de personnes qui ont fui les affrontements entre des rebelles touaregs et l'armée malienne. Ce matin, à 07h18 heure locale, un premier avion cargo - sur les quatre qui sont prévus - a atterri à Nema, en Mauritanie, avec 300 tentes à bord.

Le porte-parole du HCR Adrian Edwards a indiqué aux journalistes que le HCR avait également acheté 1200 tentes pour la Mauritanie, 2000 autres pour le Niger et 500 pour le Burkina Faso. Elles seront acheminées par avion vers les entrepôts de l'agence au Cameroun et au Ghana pour répondre aux besoins critiques en abris dans les zones d'afflux dans ces trois pays.

Les camions vont également transporter des articles de secours d'urgence comme des matelas, des couvertures, des jerrycans, des moustiquaires et des batteries d'ustensiles de cuisine. Deux camions transportant 40 tonnes de matériel d'aide rejoignent actuellement le Niger depuis Accra, où ils devraient arriver en milieu de semaine prochaine.

Parallèlement, au point de passage frontière de Fassala en Mauritanie avec le Mali, les autorités mauritaniennes et le HCR travaillent sans relâche pour fournir de la nourriture, de l'eau potable et des abris aux réfugiés. Le HCR a déjà envoyé plusieurs convois pour acheminer des vivres et des articles de secours. Une distribution de rations alimentaires de 15 jours est actuellement menée par les autorités locales.

La plupart des 11 000 réfugiés maliens en Mauritanie sont des Touaregs, dont la majorité fuient depuis Léré, un village situé non loin. Les autorités mauritaniennes ont identifié un site de camp potentiel à M'Bera, à 50 kilomètres de la frontière, et prévoient avec le HCR d'y transférer les réfugiés. Ce même site avait accueilli environ 30 000 réfugiés maliens dans les années 1990, lors d'affrontements entre les rebelles touaregs et l'armée malienne.

Au Niger, hier, une équipe d'urgence du HCR a interviewé jeudi un groupe de réfugiés maliens dans la zone de Sinegodar à environ 278 kilomètres, au nord-est de la capitale Niamey. « Les réfugiés nous ont indiqué que leur ville natale Anderamboukane s'est désormais vidée de ses habitants. Ils disent que la population a fui depuis la ville frontalière malienne après une attaque menée le 26 janvier par des rebelles qui ont pillé, empoisonné des sources d'eau, réduit en cendres des habitations et des commerces et qui ont volé le bétail », a indiqué Adrian Edwards à Genève vendredi.

« Ils ont tous indiqué qu'ils voulaient rentrer chez eux dès que la paix serait restaurée. En attendant, ils souhaiteraient retourner sur place pour sauver ce qui peut l'être parmi leurs biens personnels et le bétail qui aurait survécu aux attaques et aux pillages », a-t-il ajouté.

Au Burkina Faso, le HCR va distribuer de l'aide - provenant de ses stocks sur place - aux réfugiés maliens ainsi qu'aux communautés hôtes dans la région aride au nord du pays. Environ 8000 personnes sont arrivées au Burkina Faso depuis le Mali, dont 6000 d'entre elles se trouvent dans le nord du pays.

Depuis le début de l'offensive menée par la rébellion touareg au nord du Mali le 17 janvier, entre 25 000 et 30 000 personnes ont traversé la frontière en quête de sécurité principalement vers les pays voisins, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger. Ils ne sont pas tous des réfugiés ou des demandeurs d'asile. Au Niger, par exemple, certains sont des ressortissants nigériens.