Davantage de Maliens fuient vers la Mauritanie et le Burkina Faso

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 2 mars 2012 au Palais des Nations à Genève.

La Mauritanie et le Burkina Faso continuent de recevoir de nombreux réfugiés maliens qui expliquent fuir l'insécurité dans les villes du nord du Mali et le risque de nouveaux combats entre les rebelles touaregs et l'armée malienne qui avaient commencé à la mi-janvier.

Les réfugiés indiquent à notre personnel que leur principale crainte est d'être pris dans les combats. Ils sont également préoccupés par les attaques menées par des bandits, qui profitent des conditions d'instabilité pour piller les habitations et les biens.

Selon les estimations du Gouvernement mauritanien, on compte désormais plus de 31 000 réfugiés maliens en Mauritanie, dont la majorité sont arrivés ces six dernières semaines. Environ 1500 personnes arrivent chaque jour. Au Burkina Faso, où 18 326 réfugiés ont déjà été enregistrés par les autorités, quelque 500 Maliens en moyenne traversent la frontière chaque jour. Parallèlement, le nombre des personnes qui fuient au Niger a diminué la semaine dernière.

Le nombre total des personnes ayant traversé la frontière depuis le Mali vers les pays voisins s'élève désormais à près de 80 000, selon les statistiques communiquées par les autorités de chacun de ces pays. De plus, le nombre des déplacés internes au Mali a été révisé à la hausse pour atteindre 81 000 personnes, selon les autorités maliennes et les organisations humanitaires qui travaillent dans le nord du Mali en proie à des troubles.

Le HCR a commencé à enregistrer des réfugiés dans les trois pays d'asile. Cela nous permettra d'affiner les statistiques et également de nous fournir des informations plus détaillées sur la situation des réfugiés et leurs besoins. Nous espérons finir l'enregistrement dans les prochaines semaines.

Les réfugiés s'installent le long de la frontière dans les régions arides du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger où une grave sécheresse a causé des pénuries alimentaires et en eau ces dernières années. Nous travaillons avec les autorités et nos partenaires humanitaires pour répondre à la fois aux besoins des réfugiés qui arrivent et de la population locale dans les trois pays. Malgré leurs propres difficultés, les habitants partagent leurs maigres ressources avec les nouveaux arrivants.

L'eau est acheminée par camions vers les régions touchées. Par ailleurs, du riz et d'autres vivres sont distribués. Nous prévoyons également de transférer les réfugiés vers plusieurs camps que nous ouvrons dans la région. En Mauritanie, nous avons déjà transféré 8300 personnes particulièrement vulnérables, des hommes, des femmes et des enfants, depuis la région frontalière vers la région de Fassala, plus à l'intérieur du pays, dans le camp de Mbera. Du fait des conditions de vie difficiles dans les régions frontalières, de nombreux réfugiés demandent désormais d'être transférés dans ces camps.