Le HCR est préoccupé par les déplacements de population causés par les attaques de la LRA en République démocratique du Congo

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Fatoumata Lejeune-Kaba – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 6 mars 2012 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est vivement préoccupé par le récent déplacement de plusieurs milliers de personnes suite à la reprise des attaques menées de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), dans la Province Orientale en République démocratique du Congo.

Après une accalmie au second trimestre de l'année dernière, qui a permis à la population du nord de la province de vivre dans des conditions de sécurité améliorées, de nouvelles attaques sur les civils ont eu lieu ces dernières semaines dans les territoires de Dungu, Faradje, Watsa, Niangara, Bondo et Ango, poussant 3000 personnes à fuir.

Depuis le début de l'année, 20 nouvelles attaques ont eu lieu. Une personne a été tuée et 17 ont été enlevées durant ces violents incidents. Les civils kidnappés sont souvent utilisés en tant que porteurs, alors que la LRA force les jeunes femmes à l'esclavage sexuel.

Les attaques les plus récentes se sont déroulées dans le village de Bagulupa, à 55 kilomètres à l'est de Dungu. Le village a été attaqué le 10 février et à nouveau le 24 février, forçant la plupart de ses habitants à fuir à pied vers Dungu, le chef-lieu du district de Haut-Uele.

La plupart des déplacés ont rejoint Dungu et des installations de déplacés internes dans la zone. Selon les informations collectées par le personnel du HCR sur le terrain, la plupart des nouveaux arrivants étaient déjà déplacés par de précédentes attaques de la LRA. D'autres civils pourraient être déplacés dans des zones auxquelles les agences humanitaires ne peuvent pas accéder du fait de l'insécurité et des routes impraticables.

La situation humanitaire des déplacés est difficile. Les déplacés arrivés récemment dans et autour de Dungu dorment dans des abris de fortune. Ils manquent d'eau potable et d'équipements sanitaires. La situation des déplacés qui ont fui vers des régions reculées est certainement pire encore.

Pour alléger les souffrances des déplacés dans le territoire de Dungu, le HCR a récemment distribué des biens de première nécessité, comme des bâches en plastique, des matelas, des couvertures, des moustiquaires et des batteries d'ustensiles de cuisine, à environ 200 nouveaux déplacés. Le Programme alimentaire mondial a distribué de la nourriture, alors que les ONG ont fourni des soins médicaux et des outils agricoles. Toutefois davantage d'aide est nécessaire.

Le HCR appuie les autorités locales et traditionnelles pour aider les communautés déplacées et empêcher d'autres déplacements. L'agence pour les réfugiés est en contact avec les troupes des Nations Unies pour le maintien de la paix, afin de renforcer la présence des forces de sécurité dans les régions affectées.

De 2006 à 2011, 831 attaques, au total, contre des civils ont été enregistrées dans le nord de la Province Orientale. La vaste majorité des attaques sont attribuées à la LRA. Plus de 2000 personnes ont été tuées et 2832 autres enlevées, dont 1109 enfants.

Depuis 2008, les activités de la LRA dans la province ont causé le déplacement interne d'environ 320 000 personnes. Durant la même période, 30 000 réfugiés congolais ont fui vers la République centrafricaine et le Soudan du Sud.