Afflux depuis le Soudan et le Soudan du Sud dans un camp au Kenya

Vingt ans après son ouverture, le camp de Kakuma reçoit un nouvel afflux de demandeurs d'asile soudanais, principalement originaires des Etats de Jonglei et du Sud-Kordofan.

Des Soudanais du Sud reçoivent des articles de secours au camp de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya.  © HCR/C.Opile

KAKUMA, Kenya, 28 mars (HCR) - Lorsque le camp de Kakuma avait été établi en 1992, il avait accueilli des milliers de réfugiés fuyant la guerre civile au Soudan. 20 ans plus tard, ce camp de réfugiés dans le nord-ouest du Kenya se remplit de plus belle avec le nouvel afflux de personnes fuyant le conflit au Soudan du Sud et au Soudan.

Plus de 4500 personnes sont déjà arrivées au camp de Kakuma cette année. Plus de 76% d'entre elles sont originaires du Soudan du Sud et du Soudan. Beaucoup ont déclaré avoir fui les récentes violences intercommunautaires dans l'Etat de Jonglei, citant pour motif des tueries aveugles, des vols de bétail et l'incendie de leur maison. Des familles auraient été séparées dans le chaos. Certains ont rapporté que leur village dans l'Etat de Jonglei s'est complètement vidé de ses habitants. D'autres ont expliqué avoir fui le Soudan du Sud car ils avaient peur de la propagation des violences.

« J'ai fui Duk à Jonglei lorsque j'ai entendu des coups de feu au milieu de la nuit », a indiqué une femme qui a fui avec ses neuf enfants. « Les attaques de représailles contre notre village ciblaient les femmes et les enfants. Nous avons marché pendant plusieurs jours vers Juba et un bon Samaritain nous a aidés en nous transportant vers le Kenya. »

Parmi les récents arrivants à Kakuma, il y a aussi des personnes originaires de l'Etat du Sud-Kordofan au Soudan, où les combats font rage depuis des mois entre les forces armées soudanaises et la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan. Certains ont d'abord fui vers le Soudan du Sud. Ils ont rejoint ensuite le Kenya plus au sud lorsque les zones frontalières ont été attaquées.

« La plupart des demandeurs d'asile sont arrivés au Kenya à pied ou en voiture », a indiqué Guy Avognon, chef du Bureau du HCR à Kakuma. « Certains disent qu'ils ont marché pendant deux ou trois mois pour arriver ici. Ils ont laissé derrière eux les personnes âgées qui ne pouvaient effectuer ce pénible voyage. »

Les nouveaux arrivants sont hébergés au centre de réception du camp de Kakuma, qui a une capacité d'accueil de 700 personnes et qui a parfois vu jusqu'à 1600 nouveaux arrivants ces dernières semaines. Le HCR a pu décongestionner le centre en procédant à des enregistrements rapides et en transférant les nouveaux arrivants vers le camp, où ils reçoivent des rations alimentaires et des biens de secours.

« Si le rythme actuel des arrivées se poursuit, le camp de Kakuma atteindra probablement sa pleine capacité en juin », a indiqué Guy Avognon. « Nous devons prendre des mesures urgentes pour faire face à cet afflux, y compris avec l'agrandissement des installations et des zones de campement et en accroissant les ressources et les capacités pour aider les nouveaux arrivants. »

Le HCR examinera leurs conditions d'éligibilité pour leur octroyer le statut de réfugié.

A la mi-mars, on comptait un total de 91 140 réfugiés et demandeurs d'asile dans ce camp ouvert il y a 20 ans et qui peut accueillir jusqu'à 100 000 personnes. Les réfugiés somaliens représentent un peu plus de la moitié de la population du camp. Les Soudanais et les Soudanais du Sud en représentent un tiers. Les autres réfugiés sont originaires de 10 pays y compris le Burundi, la République démocratique du Congo et l'Ethiopie.