Les lois en vigueur résultent de traditions anciennes

Le HCR exhorte les Etats membres de l'Organisation de la coopération islamique à tenir compte des traditions anciennes sur l'asile et à les inscrire dans la législation.

Le chef du HCR, António Guterres (à droite), au côté du Président turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov, lors de son discours d'ouverture à la conférence de l'OCI.  © UNHCR

ASHGABAT, Turkménistan, 11 mai (HCR) - Citant des parallèles entre les enseignements islamiques et les législations actuellement en vigueur sur les réfugiés, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a exhorté les Etats membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) à tenir compte d'anciennes coutumes pour octroyer l'asile et à les inscrire dans la législation nationale.

Le chef du HCR s'exprimait dans un discours d'ouverture à une conférence de deux jours organisée conjointement par l'OCI et le HCR. La conférence, qui est facilitée par le Turkménistan dans la capitale du pays, Achkhabad, est la première conférence ministérielle à évoquer spécifiquement la question des réfugiés dans le monde musulman.

« La loi et les traditions de l'Islam intègrent le principe visant à accorder la protection aux personnes en quête d'asile », a indiqué António Guterres aux délégués représentant les 57 Etats membres de l'OCI ainsi que des Etats non-membres, des ONG et des organisations internationales. « Elles interdisent également le retour forcé de ces demandeurs d'asile. Ces deux principes sont les fondements du droit international des réfugiés. »

Il a exhorté les pays de l'OCI qui ne l'ont pas encore fait à adhérer à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967.

Attirant l'attention sur les conflits affectant des Etats membres de l'OCI en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, dans la corne de l'Afrique et le long de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, le Haut Commissaire a appelé les délégués à travailler ensemble afin de répondre « aux besoins des personnes pour lesquelles le HCR a été créé afin de leur venir en aide. »

En 2011, il a indiqué que 50% des personnes relevant de la compétence du HCR étaient hébergées par des Etats membres de l'OCI. Cette proportion équivaut à plus de 17 millions de personnes, y compris des réfugiés, des demandeurs d'asile, des rapatriés, des déplacés internes et des apatrides.

La conférence, ouverte par le Président turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov, vise à mettre l'accent sur l'hospitalité et l'assistance généreuses et continues accordées par des Etats membres de l'OCI aux réfugiés et aux demandeurs d'asile, dont beaucoup ont été accueillis en grand nombre sur une longue période.

Au sujet de la situation des réfugiés afghans, qui dure maintenant depuis plus de 30 ans, António Guterres a évoqué une stratégie régionale de recherche de solutions convenue entre les républiques islamiques d'Afghanistan, d'Iran et du Pakistan ainsi que le HCR, comme ayant été un récent succès. Cette stratégie a reçu l'appui de la communauté internationale lors d'une conférence à Genève les 2 et 3 mai derniers.

« Alors que l'Afghanistan, l'Iran et le Pakistan forgent une vision et une approche communes, il y a d'autres opportunités pour un dialogue structuré afin de promouvoir des solutions dans d'autres situations de réfugiés prolongées dans le monde musulman », a indiqué António Guterres.

En reconnaissance du lien entre les enseignements de l'Islam et le droit international sur les réfugiés, le HCR a collaboré avec des chercheurs musulmans pour préparer la seconde édition d'un ouvrage intitulé « le droit d'asile dans l'Islam et la législation internationale contemporaine sur les réfugiés. » Ce livre sera présenté samedi.

Par Tim Irwin à Achkhabad, Turkménistan