Naufrage tragique au large de l'île de Mayotte dans l'océan Indien

Plus de 20 personnes sont mortes ou portées disparues après le naufrage d'une embarcation légère à moteur - avec 40 personnes à bord - au large du département français d'outre-mer de Mayotte, dans l'océan Indien. Le bateau était parti depuis l'île d'Anjouan de l'Union des Comores. Les corps de deux enfants et d'un bébé ont déjà été retrouvés, parmi d'autres corps sans vie.

Cet incident illustre à nouveau de façon tragique les dangers auxquels sont confrontées des personnes poussées à prendre des décisions désespérées pour échapper à la pauvreté, au conflit et à la persécution. Comme en mer Méditerranée et dans le golfe d'Aden, les eaux entourant Mayotte sont le théâtre de traversées clandestines de migrants et réfugiés en quête d'une vie meilleure ou d'une protection contre la persécution et la guerre.

Selon le Ministère français des Outre-mer, 19 personnes ont été secourues et transportées à l'hôpital de Mamoudzou, la capitale de Mayotte.

Le HCR se félicite des efforts entrepris par les autorités locales pour la recherche et le sauvetage des naufragés ainsi que de l'aide apportée par les membres d'un club de plongée local qui ont secouru les survivants.

Depuis des décennies, des personnes ont recours à de petites barques - plus connues sous le nom de « kwassa-kwassa » - pour se rendre depuis l'Union des Comores vers le département français de Mayotte, qui est plus prospère. Pour la plupart, ces traversées s'effectuent sans document de voyage ou d'identité et présentent des risques considérables pour les personnes qui tentent l'aventure. Les statistiques sur ces traversées clandestines restent inconnues. Les demandeurs d'asile comptent pour une petite partie de ces mouvements et leur nombre n'a cessé d'augmenter ces deux dernières années.

L'année dernière, quelque 1200 demandes d'asile ont été enregistrées à Mayotte, soit 41 % de plus qu'en 2010. La majeure partie des requérants sont originaires de l'Union des Comores (90 %). Pour le reste, il s'agit de ressortissants de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Rwanda et du Burundi. L'année dernière, environ 20 000 personnes, y compris des demandeurs d'asile déboutés, ont été expulsés depuis Mayotte vers l'Union des Comores et Madagascar.

Le HCR appuie les autorités locales et la société civile en France, y compris les départements et territoires français d'Outre-Mer, à gérer les problèmes posés par les flux mixtes comprenant des migrants irréguliers et des demandeurs d'asile. Le HCR souligne que l'ensemble des contrôles aux frontières et autres mesures doit permettre d'identifier les personnes en quête d'une protection contre la persécution et le conflit et que ces personnes aient accès à la procédure pour évaluer leurs besoins.

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