Un naufrage dans l'océan Indien à Mayotte rappelle les dangers de la migration irrégulière

Vingt personnes sont mortes ou portées disparues après le naufrage d'une embarcation légère motorisée au large de Mayotte dans l'océan Indien. Il y a 19 rescapés.

Vue générale du Territoire français d'outre-mer de Mayotte, dans l'océan Indien.   © CharlesPlatiau/Reuters

PARIS, France, 22 mai (HCR) - Le HCR a exprimé sa tristesse mardi quant au décès par noyade d'au moins cinq personnes, dont trois enfants, après le naufrage d'une embarcation légère motorisée au large du département français d'Outre-Mer de Mayotte, dans l'océan Indien.

19 personnes ont été secourues et transportées à Mayotte, après que le bateau ait touché un récif de corail samedi, alors que 15 autres personnes sont portées disparues ou auraient trouvé la mort par noyade, selon les autorités.

« Cette tragédie illustre à nouveau les dangers auxquels sont confrontées des personnes poussées à prendre des décisions désespérées pour échapper à la pauvreté, au conflit et à la persécution », a expliqué un porte-parole du HCR. « Comme en mer Méditerranée et dans le golfe d'Aden, les eaux entourant Mayotte sont le théâtre de traversées clandestines de migrants et réfugiés en quête d'une vie meilleure ou d'une protection contre la persécution et la guerre », a-t-il ajouté.

La frêle embarcation a touché un récif de corail entourant le lagon de Mayotte, un département français d'outre-mer. Elle avait quitté l'île d'Anjouan dans les îles de l'Union des Comores, un archipel voisin.

Selon les autorités locales de Mayotte, certains survivants se sont tenus au bateau à moitié chaviré toute la nuit. Ils ont été localisés dimanche matin par un groupe de plongeurs appartenant à un club local, qui sont venus à leur rescousse.

Les survivants souffraient d'hypothermie et de déshydratation. Certains souffraient de fractures et d'autres blessures. Le Ministère français des Outre-Mer a indiqué que 19 rescapés avaient été transportés à l'hôpital de Mamoudzou, le chef-lieu du département de Mayotte.

Une opération de recherche et de sauvetage, incluant des bateaux et un avion de la marine, a été lancée dimanche. Lundi, les autorités ont annoncé qu'elles mettaient fin aux recherches, après que tous les survivants aient été secourus. « Le HCR se félicite des efforts entrepris par les autorités locales pour la recherche et le sauvetage des naufragés ainsi que de l'aide apportée par les membres d'un club de plongée local qui ont secouru les survivants », a indiqué le porte-parole.

Depuis des décennies, des personnes ont recours à de petites barques - plus connues sous le nom de « kwassa-kwassa » - pour se rendre depuis l'Union des Comores vers le département français de Mayotte, qui est plus prospère. Pour la plupart, ces traversées s'effectuent sans document de voyage ou d'identité et présentent des risques considérables pour les personnes qui tentent l'aventure. Les statistiques sur ces traversées clandestines restent inconnues. Les demandeurs d'asile comptent pour une petite partie de ces mouvements et leur nombre n'a cessé d'augmenter ces deux dernières années.

Carte des Comores et Mayotte  © UNHCR/Mapping Unit

L'année dernière, quelque 1200 demandes d'asile ont été enregistrées à Mayotte, soit 41 % de plus qu'en 2010. La majeure partie des requérants sont originaires de l'Union des Comores (90 %). Pour le reste, il s'agit de ressortissants de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Rwanda et du Burundi. L'année dernière, environ 20 000 personnes, y compris des demandeurs d'asile déboutés, ont été expulsées depuis Mayotte vers l'Union des Comores et Madagascar.

Le HCR appuie les autorités locales et la société civile en France, y compris les départements et territoires français d'Outre-Mer, à gérer les problèmes posés par les flux mixtes comprenant des migrants irréguliers et des demandeurs d'asile. Le HCR souligne que l'ensemble des contrôles aux frontières et autres mesures doit permettre d'identifier les personnes en quête d'une protection contre la persécution et le conflit et que ces personnes aient accès à la procédure pour évaluer leurs besoins.

Par William Spindler à Paris, France