Le HCR revoit à la hausse le budget de ses opérations au Sahel

Genève, le 31 mai 2012 - L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a révisé à la hausse le coût estimatif pour l'aide à apporter à des centaines de milliers de civils déplacés maliens, qui ont fui le conflit dans leur pays depuis le début de cette année. L'agence pour les réfugiés demande maintenant 153,7 millions de dollars pour ses opérations cette année au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie et au Niger, soit une augmentation sensible par rapport à l'appel de fonds de 35,6 millions de dollars lancé en février dernier.

Après une insurrection touareg qui a commencé à la mi-janvier, une aggravation de la crise due à un coup d'Etat en mars et la prolifération des groupes armés dans le nord du Mali, près de 320 000 Maliens ont été contraints de fuir vers les pays voisins au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger ou de chercher refuge dans des régions plus sûres du Mali.

« La dégradation brutale de la situation au Mali, qui continue de générer le déplacement forcé d'un si grand nombre de Maliens et en si peu de temps, est totalement imprévue », explique Liz Ahua, directeur adjoint du HCR pour l'Afrique occidentale, l'Afrique centrale et la région des Grands Lacs.

Le HCR a besoin de fonds supplémentaires pour venir en aide jusqu'à la fin de l'année à 240 000 réfugiés et 200 000 Maliens déplacés à l'intérieur du Mali. C'est cinq fois le nombre de Maliens déracinés que l'agence estimait devoir aider lors de la publication de son premier appel en février visant à couvrir les besoins de 85 000 personnes jusqu'en juillet.

Les Maliens continuent à fuir vers les pays voisins alors que des rapports font état de violations graves des droits de l'homme dans le nord du Mali, y compris des enlèvements, des détentions arbitraires et des exécutions sommaires ainsi que des violences sexuelles.

La majorité des réfugiés sont des femmes et des enfants. Ils sont installés dans des endroits reculés où les communautés locales sont déjà confrontées à

l'insécurité alimentaire et à des graves pénuries d'eau, après des années de sécheresse dans la région du Sahel. Le taux de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans est alarmant, en particulier dans les camps de réfugiés en Mauritanie et au Niger, et il y a un besoin urgent d'augmenter l'approvisionnement en eau et d'améliorer les conditions sanitaires.

En dépit de la situation humanitaire désespérée dans la région du Sahel, le HCR n'a reçu que 13% des 153,7 millions de dollars nécessaires. Le HCR est reconnaissant aux donateurs pour le soutien reçu à ce jour. Cependant, notre niveau de financement actuel est nettement insuffisant. Nous avons d'urgence besoin de fonds supplémentaires maintenant, avant le début de la saison des pluies en juin qui est souvent marqué par des inondations.

Liz Ahua affirme que le HCR doit d'urgence pré-positionner l'aide à proximité des zones d'accueil de réfugiés, au risque de faire face à une catastrophe humanitaire pendant les trois mois où les camps pourraient devenir inaccessibles à cause des inondations.

Travailler dans la région du Sahel fait aussi de la situation malienne l'une des opérations les plus difficiles du HCR en Afrique, parce que les réfugiés et les déplacés internes sont dans les zones où l'insécurité, le banditisme et les menaces d'enlèvement font qu'il nous est impossible d'établir des bureaux et de déployer le personnel de terrain, aussi près des réfugiés que nous l'aurions souhaité.

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