Ne pouvant subvenir à leurs besoins, des milliers de Somaliens fuient leur maison

Les déracinés somaliens fuient toujours l'insécurité. Ce qui motive de plus en plus leur départ, ce sont aussi des difficultés à subvenir à leurs besoins.

Un enfant réfugié somalien au centre de réception de Dadaab au Kenya.   © HCR/J.Brouwer

NAIROBI, Kenya, 26 juin (HCR) - Le HCR a indiqué mardi qu'un nombre croissant de déplacés somaliens citent des difficultés pour subvenir à leurs besoins comme principal motif de leur déracinement.

L'insécurité est toujours la cause majeure du déplacement à l'intérieur de la Somalie, qui représente à ce jour environ 146 000 déplacés pour cette année. Le porte-parole du HCR Adrian Edwards a indiqué que « ces dernières semaines, nous avons vu toutefois de plus en plus de personnes déplacées et de réfugiés qui évoquent également des difficultés à subvenir à leurs besoins. »

Ces sept dernières semaines, le HCR a enregistré environ 6 000 Somaliens ayant cité ce type de difficultés - qui découlent habituellement d'un manque de précipitations saisonnières entraînant une insécurité alimentaire. La majorité d'entre eux sont originaires des régions de la baie de Somalie, du Bas-Juba et de Bakool.

Cette année, le HCR a déjà enregistré 13 000 personnes déracinées pour ce motif. Cependant, pour le seul mois de mai, nous en avons enregistré 4400.

Dans la région du Bas-Juba, les personnes se déplacent vers les villes de Diif, Quqani, Tabta et Dobley en quête d'eau et de pâturages.Elles se sont installées aux alentours de Dobley et de Diif, près de la frontière. Beaucoup sont désormais intégrées dans les communautés, alors que d'autres se sont installées à la périphérie des villes. Il y a des déplacements similaires dans et autour de Dollow, la région de Gedo qui est située à la frontière avec l'Ethiopie.

En Ethiopie, cette semaine, on compte plus de 157 000 réfugiés somaliens qui se trouvent dans les cinq camps et au centre de transit de Dollo Ado. Depuis début juin, des réfugiés somaliens continuent à arriver en nombre croissant, avec une moyenne de près de 1200 nouveaux arrivants chaque semaine.

Ces réfugiés citent constamment l'insécurité physique et alimentaire croissante comme motif de leur déracinement, y compris la crainte de recrutement forcé par les milices Al Shabaab.

« Beaucoup de nouveaux arrivants viennent avec toutes leurs possessions, y compris des charrettes tirées par des ânes et le bétail qui a survécu. Beaucoup disent que d'autres membres de leur famille ou des voisins en Somalie ont l'intention eux aussi de partir », a déclaré Adrian Edwards. Le HCR et les autorités éthiopiennes ont convenu d'accroître la capacité d'accueil du camp de Buramino à plus de 25 000 personnes, tout en finalisant la sélection d'un site pour un sixième camp.

Des informations font également état de l'entrave par des barrages routiers sur les échanges commerciaux pour la nourriture et d'autres produits de première nécessité depuis la ville portuaire de Kismayo vers Afmadow, dans la région du Bas-Juba et Dobley.

« Nous soulignons avec inquiétude que la poursuite de cette paralysie pourrait avoir des conséquences négatives pour les personnes déjà déplacées et les communautés hôtes dans la région et augmentera probablement les prix des produits locaux », a indiqué Adrian Edwards.