Le chef du HCR achève une mission au Myanmar et en Thaïlande

Le HCR recueille un large appui pour le retour uniquement volontaire des réfugiés depuis la Thaïlande vers le Myanmar.

Le Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres utilise le wai, le salut traditionnel thaï, pour prendre congé du personnel du HCR à Bangkok, alors qu'il achève sa mission dans la région aujourd'hui.   © HCR/S.Bhukittikul

BANGKOK, Thaïlande, 13 juillet (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a achevé une mission de cinq jours en Asie du Sud-Est avec l'accord - à la fois de la Thaïlande et du Myanmar - selon lequel les réfugiés devraient pouvoir rentrer chez eux uniquement sur une base volontaire, dans la sécurité et la dignité - et y rester durablement après leur retour.

« Nous ne voulons pas que les réfugiés d'aujourd'hui deviennent les migrants illégaux de demain », a-t-il déclaré.

Lors de sa rencontre avec le Premier Ministre thaïlandais Yingluck Shinawatra, il a remercié la Thaïlande de sa générosité pour héberger des dizaines de milliers de réfugiés du Myanmar depuis plus de deux décennies. Ils ont tous deux abouti à « un accord solide » selon lequel les réfugiés ne devraient rentrer chez eux que lorsqu'ils choisissent de le faire.

Auparavant au Myanmar, António Guterres avait indiqué au Président Thein Sein et à d'autres hauts responsables de l'administration du Myanmar, que le HCR appuie la consolidation de la paix dans le sud-est (la zone depuis laquelle les réfugiés ont fui vers la Thaïlande) en fournissant une assistance aux personnes déplacées.

« Nous sommes prêts à aider à la préparation des retours, qui devraient être volontaires et menés dans la sécurité et la dignité, à la fois pour les personnes qui sont déplacées internes au sein du pays et celles qui sont hébergées dans les neuf camps de réfugiés en Thaïlande », a-t-il affirmé au Président et aux hauts responsables de l'administration du Myanmar.

A la fois au Myanmar et lors de sa réunion à Bangkok avec le Secrétaire général du Conseil national de sécurité thaïlandais, Wichean Potephosree, toutes les parties ont convenu que le retour devrait être durable pour un grand nombre des 150 000 réfugiés vivant dans les neuf camps de réfugiés en Thaïlande.

Toutes les parties ont également convenu de travailler ensemble pour créer les conditions nécessaires sur le terrain au niveau sécuritaire, économique et social pour des retours réussis et durables. Les réfugiés rapatriés doivent pouvoir subvenir à leurs besoins lorsqu'ils rentrent dans leur pays. « Personne ne souhaite qu'un réfugié rentre dans son pays s'il doit le fuir à nouveau », a indiqué António Guterres. « Ou, pire encore, qu'il devienne déplacé au sein de son propre pays. »

Les récents troubles dans l'ouest de l'Etat de Rakhine au Myanmar étaient moins encourageants, mais le HCR fournit - et continuera à fournir - une aide humanitaire aux deux populations déplacées - celle de l'Etat de Rakhine ainsi que les résidents musulmans - sans aucune discrimination.

« Nous estimons que cela peut constituer un facteur de réconciliation entre les communautés et nous espérons que, dans l'Etat de Rakhine, le respect de l'État de droit et des droits de l'homme sera rétabli », a indiqué António Guterres.

Le Haut Commissaire a également exprimé sa préoccupation pour le statut juridique et les conditions de vie des 800 000 résidents musulmans apatrides du nord de l'Etat de Rakhine.

Le Haut Commissaire a fait part de son espoir au Président et au Gouvernement du Myanmar sur le fait qu'indépendamment de possibles améliorations de la loi sur la nationalité, la nationalité devrait être accordée aux membres de la communauté musulmane, qui y ont droit selon l'actuelle législation.

« D'autres devraient recevoir un statut juridique qui leur accorderait les droits nécessaires pour mener une vie normale dans le pays », a-t-il ajouté.

António Guterres se rendra en Ethiopie vendredi soir pour assister au sommet de l'Union africaine ainsi que pour une mission sur le terrain lundi pour se rendre compte par lui-même des conditions des réfugiés originaires de l'Etat du Nil bleu au Soudan qui se trouvent actuellement dans la région d'Assosa en Ethiopie.

Par Kitty McKinsey à Bangkok, Thaïlande