La population de réfugiés somaliens dépasse un million dans la corne de l'Afrique, mais l'exode ralentit

L'exode de la population somalienne a franchi un nouveau seuil, avec plus d'un million de personnes ayant fui leur pays et qui se trouvent dans les pays voisins. Les tout derniers arrivants continuent de citer l'insécurité et les pénuries alimentaires comme principaux motifs de leur fuite en exil.

Le cap d'un million de réfugiés somaliens a été dépassé pour la première fois la semaine dernière, depuis que la Somalie a sombré dans le conflit en 1991. Il est à noter que les statistiques préparées par le HCR dans les principaux pays d'arrivée, le Kenya et l'Ethiopie, montrent des chiffres inférieurs mais l'afflux des personnes quittant la Somalie reste constant. Pour les six premiers mois de cette année, environ 30 000 nouveaux réfugiés ont été enregistrés dans la région. Le conflit et la pire sécheresse depuis des décennies avaient contraint plus de 137 000 Somaliens à quitter leur maison pendant la première moitié de 2011. Pour l'ensemble de l'année, quelque 294 000 réfugiés ont été enregistrés dans des camps des pays environnants.

La situation dans la plupart des régions au sud et au centre de la Somalie reste floue et instable, mais un calme relatif semble toutefois régner dans certaines zones. La sécheresse a été moins sévère cette année, mais les perspectives pour la récolte du mois prochain restent sombres. Beaucoup de Somaliens luttent pour subvenir à leurs besoins, car les moyens d'existence restent extrêmement fragiles.

Dans le cadre de l'effort global humanitaire, le HCR seul a distribué de l'aide à quelque 177 000 personnes déplacées à l'intérieur de la Somalie depuis janvier. Avec nos partenaires, nous sommes venus en aide à plus de 526 000 déracinés somaliens dans le besoin. La priorité a été accordée aux zones frontalières et à [la capitale] Mogadiscio, car ces régions reçoivent des personnes nouvellement déplacées ayant parcouru de longues distances.

La Somalie traverse également une période complexe avec une tentative de transition. En moins de six semaines, la difficile et lente transition politique a prévu de passer à une nouvelle étape, plus critique encore. Avant la fin août, le pays devrait avoir une nouvelle constitution, un nouveau parlement, un nouveau Président et un nouveau gouvernement.

Selon le HCR, les crises humanitaires doivent se résoudre via des moyens politiques. Les prochains mois constitueront une étape importante dans la recherche de solutions aux souffrances frappant la Somalie depuis deux décennies.

Le peuple somalien assume la principale responsabilité pour ramener la paix et la stabilité dans son propre pays. Nous notons, toutefois, que la communauté internationale a une responsabilité importante pour appuyer les Somaliens afin qu'ils parviennent à un résultat positif.

La Somalie est l'une des pires et des plus anciennes crises de réfugiés au monde. Durant la dernière décennie, seuls deux autres conflits, en Afghanistan et en Iraq, ont forcé plus d'un million de personnes à fuir leur maison.

La pression portée sur les communautés accueillant des réfugiés somaliens est massive, au point que la crise somalienne continue d'affecter toute la corne de l'Afrique et au-delà. Les pays voisins ont également besoin d'un soutien continu de la part de la communauté internationale. En plus du million de réfugiés se trouvant dans les pays voisins, plus de 1,3 million de Somaliens sont déplacés à l'intérieur de leur propre pays. Cela signifie qu'environ un tiers des 7,5 millions de Somaliens vit dans une situation de déplacement forcé.