Stabiliser la situation de santé dans les camps au Soudan du Sud

Le HCR travaille avec ses partenaires contre la mortalité et la morbidité élevées chez les réfugiés soudanais dans les camps de Yida et Batil.

Une toute jeune nouvelle arrivante dans le camp de Yida au Soudan du Sud se fait mesurer l'avant-bras, dans le cadre du dépistage de la malnutrition.  © HCR/V.Tan

Juba, Soudan du Sud, 3 août (HCR) - Le HCR a sonné l'alarme sur les conditions de santé prévalant chez les réfugiés dans deux camps au Soudan du Sud, mais l'agence a souligné que les taux de mortalité et de morbidité sont stabilisés, voire qu'ils ont diminué grâce aux interventions d'urgence.

Les deux camps en question sont Yida dans l'Etat d'Unity et Batil dans l'État du Haut Nil, où ont été observés des taux élevés de malnutrition, de maladie et de décès dans un contexte d'afflux massif ces derniers mois et durant une saison pluvieuse qui a rendu plus difficile l'acheminement de l'aide.

« Les travailleurs de santé dans le camp de Yida ont vu une hausse significative des taux de mortalité parmi les enfants réfugiés à la fin juin et au début du mois de juillet. L'ONG Médecins Sans Frontières a rapporté une moyenne de cinq décès d'enfants par jour, la plupart du temps de diarrhée ou d'infections », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse à Genève vendredi.

Elle a ajouté : « Ces trois dernières semaines, les taux de mortalité et de morbidité se sont stabilisés et ont même diminué, car les agences d'aide humanitaire ont pris des mesures urgentes pour remédier aux causes profondes. En plus de fournir un traitement d'urgence, les agences humanitaires ont également oeuvré pour atténuer le risque de maladies d'origine hydrique et liées à l'hygiène. »

La plupart des interventions sont de nature préventive. Le HCR travaille à doubler l'approvisionnement en eau potable dans le camp de Yida en creusant six puits supplémentaires. L'agence travaille également à l'amélioration des systèmes de drainage pour les sept points d'eau afin de réduire le risque de contamination et les maladies d'origine hydrique qui peuvent être contractées du fait de l'eau stagnante. Des latrines communautaires sont en cours de construction pour répondre aux besoins de la population croissante. L'ONG Solidarités a lancé une campagne de 40 jours visant à assurer des seaux propres et la désinfection au chlore dans les points d'eau. Des savons ont été distribués et des séances de sensibilisation sur l'hygiène sont actuellement dispensées.

Aujourd'hui, le HCR commence une distribution à plus de 8 200 familles ayant des enfants âgés de moins de cinq ans. Identifiés comme étant les personnes les plus vulnérables dans le camp, ils recevront du savon, des jerrycans et des couvertures pour améliorer la désinfection et minimiser le risque d'infections respiratoires. La distribution d'autres biens de secours comme des bâches en plastique et des seaux continuera ce mois-ci.

Cependant, bon nombre des nouveaux arrivants à Yida dorment encore sous des toits de chaume en mauvais état, ce qui augmente le risque de maladies respiratoires et de paludisme, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Le HCR prévoit de transporter par avion 8 500 bâches en plastique et 15 000 moustiquaires supplémentaires pour une distribution immédiate.

Ce sont certains des problèmes rencontrés à Yida, un camp isolé à la frontière avec le Soudan. Sa population de réfugiés a quadruplé depuis avril pour atteindre environ 60 000 personnes aujourd'hui, dont plus d'un quart sont des enfants.

« La plupart des réfugiés sont arrivés dans un état très faible - épuisés, déshydratés et souffrant de malnutrition », a déclaré Melissa Fleming. « La saison des pluies a encore aggravé la situation, ce qui fait qu'une population fragilisée attrape des maladies saisonnières. Les pluies ont également inondé les routes à proximité, ce qui a virtuellement transformé Yida en une île. Le transport aérien est désormais la seule façon de faire parvenir une aide vitale dans ce camp. »

Dans l'État du Haut Nil, le camp de Batil est confronté à des problèmes similaires. Un enfant sur trois y souffrirait de malnutrition. Parmi les problèmes de santé courants dans ce camp comptant 35 000 réfugiés, il y a les diarrhées aqueuses, les infections des voies respiratoires et de plus en plus de cas de paludisme.

Dimanche dernier, les agences d'aide humanitaire ont débuté un programme de nutrition supplémentaire dans le camp, suivi d'un programme d'alimentation thérapeutique pour aider les enfants à se remettre de la malnutrition aiguë modérée. Par ailleurs, 12% des enfants de moins de cinq ans sont traités pour une malnutrition sévère aiguë.

Au total, Batil dispose de cinq cliniques pour les traitements de santé et de nutrition ainsi que de 20 points de réhydratation orale à travers le camp. Les agences de santé ont mis en place des mécanismes de surveillance et de réponse à une éventuelle épidémie de maladies diarrhéiques ou autres.

Cette année, quelque 170 000 personnes ont fui les conflits et les pénuries alimentaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu et elles ont trouvé refuge au Soudan du Sud.

À ce jour, le HCR a seulement reçu 47,5 millions de dollars sur les 186 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins urgents des réfugiés soudanais au Soudan du Sud. Cette semaine, une bonne nouvelle est arrivée avec l'aide versée au HCR par le Fonds humanitaire commun qui s'élève à 10 millions de dollars pour l'opération de réponse à la situation d'urgence des réfugiés au Soudan du Sud. La plupart de ce montant est destiné à des ONG travaillant dans les domaines de la santé, la nutrition, l'eau, l'assainissement, l'accès routier et la préparation de sites.