Des centaines de Syriens sont déracinés chaque jour par la poursuite du conflit

Jusqu'à 1,5 million de personnes pourraient être déplacées au sein de la Syrie avec peu ou pas d'accès à une aide, a prévenu vendredi le HCR qui cherche à livrer du matériel de secours via les quelques itinéraires restant encore ouverts.

« Alors que les combats continuent sans relâche, beaucoup ont été forcés à fuir leurs maisons et à chercher refuge au sein de familles d'accueil ou dans des abris de fortune », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR, aux journalistes lors d'un point de presse à Genève vendredi.

Selon le Croissant-Rouge arabe syrien, 7 200 personnes ont trouvé refuge dans 45 écoles et six dortoirs de pensionnat à Alep. Beaucoup ont trouvé refuge dans des mosquées alors que d'autres bougent de village en village pour échapper à la violence. Le personnel du HCR à Alep fait état d'une rupture de service complète pour le réseau de téléphone mobile et la connexion à Internet.

Via le Croissant-Rouge arabe syrien, le HCR fournit des articles essentiels pour aider les familles à vivre dans les abris de fortune. Mais les biens de secours ont été bloqués jeudi lorsque les forces militaires ont encerclé Alep.

La violence s'étend également à Damas. L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a fait état de 20 morts et 10 blessés à Yarmouk, où vivent de nombreux réfugiés palestiniens. Un réfugié iraquien a indiqué que son fils avait été blessé par balles dans le quartier de Sayyada Zainab et qu'il est décédé plus tard à l'hôpital. Un réfugié soudanais a été blessé aux jambes par des groupes armés.

Le HCR fournit une aide financière et d'autres mesures d'assistance à de nombreux réfugiés dans le besoin à Damas et Al Hasakeh. Environ 700 réfugiés ont contacté le HCR dans la capitale pour demander de l'aide et des conseils, en une seule journée récemment. La plupart d'entre eux disent qu'ils ont peur d'être attaqués ou volés. La plupart se cachent dans des écoles qui sont surpeuplées et qui manquent d'installations sanitaires.

La plupart des réfugiés choisissent de rentrer dans leur pays d'origine. Plus de 20 000 réfugiés iraquiens ont quitté la Syrie pour l'Iraq depuis la mi-juillet, y compris plus de 5 200 par avion dans le cadre d'opérations de retour appuyées par les autorités de leur pays. Le point de passage frontière d'Al-Walid a vu passer les premiers réfugiés syriens, deux familles qui avaient fui Alep et Damas. Ils ont été transférés au camp de réfugiés d'Al-Walid.

On compte désormais 12 049 réfugiés syriens en Iraq et les autorités s'attendent à de nouveaux afflux. Le HCR prépare actuellement l'ouverture d'un second camp de réfugiés à Al-Qa'im avec les autorités locales et les partenaires. Environ 100 tentes y ont déjà été montées. Des familles syriennes sont enregistrées là où elles se trouvent actuellement dans des écoles et d'autres bâtiments publics, en préparation d'un éventuel transfert vers le camp d'Al-Qa'im.

La Jordanie continue également à transférer les nouveaux arrivants vers le nouveau camp de Za'atri, alors que les travaux continuent pour agrandir ce camp. Environ 9 500 nouveaux arrivants ont été enregistrés pour le seul mois de juillet, beaucoup à Ramtha dans le nord-ouest. Au total, plus de 37 000 personnes ont déjà été enregistrées et plus de 2 700 autres attendent l'enregistrement. Plus de 80% d'entre elles sont originaires des villes de Homs et Dara'a. Au-delà des personnes enregistrées, les autorités jordaniennes estiment que quelque 150 000 réfugiés syriens sont entrés dans le Royaume depuis mars 2011.

Parallèlement, les personnes qui fuient Alep et ses environs arrivent en Turquie en moyenne au nombre de 400 à 600 personnes par jour. Plus de 44 000 Syriens - dont près de la moitié ont moins de 18 ans - sont désormais accueillis dans huit camps situés dans quatre provinces frontalières. Le personnel du HCR est présent dans ces provinces pour fournir un appui technique et du matériel d'urgence.

Le Liban continue à recevoir un flux régulier d'arrivants depuis Homs, Damas, Dara'a et Alep. La plupart ne sont pas enregistrés auprès du HCR, ils se dirigent directement vers Beyrouth, Saida ou Tripoli car ils sont hébergés chez des proches ou des amis ou ils y louent des appartements.

Sur plus de 33 000 personnes enregistrées et 1 700 personnes attendant l'enregistrement au Liban, beaucoup vivent dans des communautés pauvres et dépourvues des services essentiels, au Nord-Liban et dans la plaine de la Bekaa. « La plupart sont des femmes et des enfants qui ont de nombreux besoins et qui dépendent du soutien fourni par les communautés, les Nations Unies ainsi que par les partenaires nationaux et internationaux », a indiqué Melissa Fleming, ajoutant que le HCR travaille avec les partenaires et le gouvernement pour se préparer à un afflux éventuellement encore plus important.