Un rêve devenu réalité pour une meilleure intégration locale au Venezuela

Environ 20 ans après son exil depuis la Colombie, Celina Gelvez a reçu gratuitement une maison pour sa famille.

Environ 20 ans après son exil depuis la Colombie, Celina Gelvez a reçu gratuitement une maison pour sa famille.   © FUGU/JavierJara

GUASDUALITO, Venezuela, 14 août (HCR) - Celina Gelvez a organisé une pendaison de crémaillère avec ses amis réfugiés, ses voisins, des membres des autorités locales et du personnel du HCR. Le curé de la cathédrale de Guasdualito était là également pour bénir la nouvelle maison de Celina, qui compte trois chambres et qui lui a été allouée par les autorités vénézuéliennes.

Près de 20 ans après son exil depuis la Colombie, le rêve est devenu réalité.

Celina Gelvez est née à San Ignacio, dans le Département de Cesar, en Colombie. Elle a passé une décennie en tant que déplacée dans son pays d'origine, fuyant plusieurs fois les groupes irréguliers armés avec sa famille.

« Finalement, la situation est devenue intolérable au point que nous n'avons pas eu d'autre choix que de quitter le pays avec les enfants », a-t-elle expliqué. « Nous avons quitté notre maison et nous sommes partis sans rien. Nous sommes arrivés au Venezuela les mains vides. »

En 2002, elle rejoint le Venezuela avec ses deux fils. Maintenant âgés de 35 et 30 ans, l'un est affecté d'une légère déficience cognitive mais le second souffre d'un handicap mental sévère. Depuis leur arrivée, cette femme chef de famille âgée de 66 ans et demandeur d'asile vivait dans une petite cabane délabrée à Samaria, dans la banlieue de Guasdualito, dans l'Etat d'Apure.

« En vivant dans un nouveau pays avec un enfant handicapé et sans emploi régulier, je n'avais aucune possibilité d'améliorer ma situation », a déclaré Celine Gelvez, en se référant, parmi d'autres problèmes, à sa recherche d'un logement décent pour vivre. « Néanmoins, j'ai toujours rêvé d'une maison plus agréable et plus sûre pour mes enfants. »

Malgré les problèmes, Celina Gelvez, qui est bénéficiaire d'un programme de micro-financement, gère un élevage de poules et de canards pour gagner sa vie, ce qui lui permet de rester active dans la communauté et d'aider à sa propre intégration.

Elle participe à des projets organisés par le HCR, CARITAS, les autorités culturelles de l'Etat d'Apure et le programme d'aide publique intitulé Bario Adentro qui bénéficie aux personnes âgées réfugiées et vénézuéliennes dans la région de Guasdualito. Le programme inclue des activités sportives et culturelles, et les bénéficiaires ont également des visites médicales chaque semaine.

De plus, Celina Gelvez est bénéficiaire d'autres projets communautaires financés par le HCR et la mairie de Samaria qui visent à faire respecter les droits humains et à oeuvrer pour l'intégration locale des réfugiés et des demandeurs d'asile. Le HCR a enregistré dans l'Etat d'Apure quelque 400 réfugiés reconnus et 4 300 demandeurs d'asile, qui sont tous originaires de Colombie.

Après examen de la situation de Celina Gelvez, la mairie de Samaria l'a inclue avec sa famille comme bénéficiaires du projet de logement géré par les autorités intitulé Rancho por Casa (des maisons plutôt que des cabanes). Dans le cadre de ce programme, la mairie construit des maisons gratuitement pour les personnes extrêmement démunies. En retour, Celina préparait les repas pour les maçons qui construisent ces maisons et elle a peint non seulement sa maison mais aussi celles de ses voisins qui ont été construites dans le cadre de ce programme.

Son cas illustre ce qui peut se faire dans le cadre des projets communautaires du HCR en partenariat avec les institutions locales. Il a également montré l'engagement des autorités vénézuéliennes pour les droits des réfugiés en les faisant bénéficier des politiques publiques.

La vie de Celina Gelvez a pris une nouvelle tournure, haute en couleur et pleine d'espoir. Après une journée de fête passée avec ses amis, ses voisins et les représentants de sa communauté, Celina Gelvez et ses enfants ont passé leur première nuit en sécurité dans leur nouvelle maison.

Marcela Rodriguez-Farrelly, chef du bureau de terrain du HCR à Guasdualito, Venezuela