Déclaration du chef du HCR au Conseil de sécurité de l'ONU sur la crise en Syrie

António Guterres lance un appel d'urgence pour un accès humanitaire sans restriction afin d'assurer protection et assistance aux populations.

Le Haut Commissaire, António Guterres (à droite), lors de la réunion du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Syrie.  © UN Photo/JC McIlwaine

NEW YORK, Etats Unis, 30 août (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres s'est exprimé jeudi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies sur « la dramatique crise humanitaire qui s'aggrave jour après jour » en Syrie, en appelant à un soutien international accru pour assurer les efforts de secours aux populations.

En soulignant la longue et généreuse histoire de la Syrie dans l'accueil des personnes en quête d'un refuge, y compris les réfugiés palestiniens et iraquiens, il a déclaré qu'il était « désormais particulièrement bouleversant de voir tant de citoyens syriens perdre la vie, être déracinés de chez eux et pris au piège dans des zones de guerre. »

Le Haut Commissaire, notant que la capacité du « système international » à répondre à l'escalade de la violence en Syrie a été testée de multiples façons, a appelé toutes les parties au conflit « à accorder un corridor humanitaire à l'intérieur de la Syrie pour permettre aux organisations d'aide humanitaire de fournir protection et assistance. »

Il a également exhorté toutes les parties à continuer de respecter et protéger les dizaines de milliers d'Iraquiens, de Palestiniens et d'autres réfugiés à l'intérieur de la Syrie. « Nous connaissons tous la complexité du problème des réfugiés palestiniens et son impact sur les pays de la région. Une situation qui verrait un grand nombre de Palestiniens forcés à fuir doit être évitée à tout prix », a-t-il souligné.

António Guterres a également appelé au « renforcement de l'aide internationale envers toutes les victimes de ce conflit. J'exhorte tous les Etats à répondre positivement aux deux appels de fonds qui seront lancés prochainement par la communauté humanitaire pour des contributions supplémentaires dans les pays d'asile et à l'intérieur de la Syrie. » Toutefois, il a ajouté que l'appui de la communauté internationale doit également « se traduire en un réel partage de la charge et un soutien significatif envers les gouvernements et les communautés dans les pays accueillant des réfugiés. »

Le Haut Commissaire a également demandé aux Etats de la région et au-delà de « continuer à accorder la protection aux Syriens ayant fui leur pays et d'assurer que soit préservé le caractère civil et humanitaire de l'asile, conformément au droit international. »

Il a indiqué que l'engagement des pays voisins à protéger les réfugiés a « confirmé le principe universellement reconnu selon lequel tous les êtres humains ont le droit de chercher asile et d'en bénéficier dans un autre pays que le leur. »

« C'est un droit », a-t-il précisé, « qui ne doit pas être compromis, par exemple via l'établissement de prétendues 'zones tampons' ou d'autres arrangements similaires. De cuisantes expériences ont montré qu'il est rarement possible d'y assurer efficacement la protection et la sécurité. »

En conclusion, António Guterres a déclaré qu'il ne pourrait y avoir une solution humanitaire à la crise syrienne. « C'est seulement via une solution politique menant à la paix que l'urgence humanitaire pourra se régler », a-t-il souligné, en ajoutant : « Comme l'histoire l'a si bien démontré au Moyen-Orient et ailleurs, il n'est de l'intérêt de personne qu'un conflit politique et les souffrances des populations réfugiées qui en résultent soient laissés sans solution. »

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