Le Chef du HCR met en garde contre les dangers liés à l'inaction face à la situation au Mali

António Guterres exhorte la communauté internationale à redoubler d'efforts afin de trouver une solution politique à la crise que connaît le Mali.

Deux jeunes réfugiées inspectent le territoire austère du Burkina Faso où elles ont trouvé refuge après avoir fui le Mali.  © HCR/H.Caux

GENÈVE, 5 septembre (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a exhorté la communauté internationale à redoubler d'efforts pour trouver une solution politique à la crise que connaît le Mali. Il a mis en garde la communauté internationale, estimant que l'ensemble de la région pourrait être affecté si des mesures plus fermes n'étaient pas prises.

« Le Mali est plus important que jamais », souligne António Guterres dans une tribune ouverte publiée mardi dans le New York Times. Il indique que cette nation africaine assiégée n'est plus un endroit mythique isolé qui peut être ignoré. Il ajoute que « la crise politique et la fragmentation qu'on constate au Mali constituent une menace importante pour la stabilité politique de la région ».

« Les multiples crises qui se déroulent au Mali et dans les régions avoisinantes », poursuit-il, « ont été façonnées par une multitude de tendances qui résonnent bien au-delà de cette région ». La région souffre en effet de l'insécurité alimentaire et de la désertification liées au changement climatique, de processus incomplets de démocratisation marqués par l'exclusion sociale et d'une population croissante de jeunes avec de faibles perspectives d'emploi.

M. Guterres a averti la communauté internationale que si elle ne surveillait pas la crise du Mali, celle-ci pourrait « entraîner un arc d'instabilité s'étendant de la Mauritanie, à l'ouest, vers le Niger, le Tchad et le Soudan jusqu'à la Corne de l'Afrique et au golfe d'Aden, à l'est ». Appelant à une résolution rapide de la crise, il a demandé un plus grand soutien international pour les acteurs nationaux et régionaux qui oeuvrent à trouver une résolution politique à cette crise et traitent de questions de sécurité complexes. Il a également préconisé que la réponse à cette crise humanitaire soit élargie et qu'elle ne soit pas écartée des priorités internationales tandis que l'attention se concentre sur la situation actuelle en Syrie.

Le Mali a été plongé dans la tourmente au début de cette année, lorsque des combats ont commencé entre un mouvement rebelle touareg et les forces gouvernementales maliennes. Le gouvernement de Bamako a été renversé par un coup d'État en avril, et la région du nord est à présent sous le contrôle des Islamistes. Depuis, plus de 450 000 personnes ont fui leur foyer au Mali, et plus de 265 000 ont cherché refuge dans les pays avoisinants comme le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger.

Tous ces événements se produisent alors que la région du Sahel fait face à de terribles pénuries d'eau et de nourriture. Le HCR oeuvre à aider les personnes déplacées de la région tout en essayant de soulager le fardeau qui pèse sur les communautés d'accueil.

Pour lire la tribune publiée dans le New York Times, suivez le lien suivant : http://www.nytimes.com/2012/09/05/opinion/why-mali-matters.html