Le HCR prend des mesures contre les épidémies de jaunisse et d'hépatite à Dadaab

La semaine dernière, 223 cas de jaunisse aiguë ont été identifiés dans les cinq camps de Dadaab. Quatre décès ont été confirmés.

Une Somalienne et son enfant dans un centre médical du complexe des camps de réfugiés de Dadaab.   © Australia for UNHCR/T.Mukoya

NAIROBI, Kenya, 28 septembre (HCR) - Le HCR prend des mesures fortes pour contrer une épidémie de jaunisse aiguë dans le plus grand complexe de camps de réfugiés au monde, à Dadaab au Kenya.

Le programme dans le complexe de Dadaab - qui accueille plus de 470 000 réfugiés somaliens - se concentre sur l'amélioration des équipements sanitaires et la promotion des bonnes pratiques en matière d'hygiène.

« La semaine dernière, 223 cas de jaunisse aiguë ont été rapportés dans les cinq camps de Dadaab. Quatre décès ont été confirmés, tous concernaient des femmes qui venaient d'accoucher », a indiqué vendredi Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, ajoutant que la jaunisse est généralement causée par le virus de l'hépatite E.

Le premier cas de jaunisse a été détecté dans le camp de réfugiés d'Ifo 2 à Dadaab il y a six semaines. La plupart des cas d'hépatite E ont été enregistrés dans les camps ne disposant pas de suffisamment de latrines ou parmi les nouveaux arrivants ayant de mauvaises habitudes pour l'hygiène. Il n'y a actuellement aucun vaccin contre l'hépatite E.

« La période d'incubation pour la jaunisse est d'un mois et nous craignons que le nombre de cas ne continue de croître », a indiqué Andrej Mahecic. En plus d'améliorer la qualité de l'eau et des installations sanitaires et d'augmenter les soins de santé ainsi que de rappeler l'importance de se laver les mains, d'utiliser les latrines et de respecter rigoureusement des mesures d'hygiène élémentaires (hygiène de l'alimentation et de l'eau, propreté des mains), les travailleurs humanitaires dans le domaine de la santé sont également formés à la surveillance et à l'identification de nouveaux cas.

Parallèlement, il a été rapporté environ 80 cas de choléra dans la province du Nord-Est, principalement dans une installation proche de la frontière avec la Somalie. Quelque 12 décès ont été également rapportés en Somalie. Il n'y a pas eu de décès à Dadaab, où 18 cas ont été identifiés parmi les réfugiés qui ont eu des contacts avec des communautés affectées près de la frontière.

Le HCR a mis en place une équipe d'intervention impliquant des partenaires dans les domaines de la santé, de l'eau et de l'assainissement et une coordination quotidienne s'exerce au niveau du camp. Un pavillon d'isolement pour les malades du choléra a été ouvert au camp de Hagadera et du personnel supplémentaire a été formé pour traiter les cas. À l'heure actuelle, il existe des ressources pour gérer les 100 patients du choléra. Des centres de traitement du choléra ont été mis en place dans les hôpitaux du camp.

« Nous craignons que les maladies d'origine hydrique pourrait s'étendre avec l'arrivée de la saison des pluies en octobre et novembre », a indiqué Andrej Mahecic, en notant que les prévisions pour la région donnent des pluies plus importantes que la moyenne des précipitations. Cela pourrait nuire à la situation de l'assainissement à Dadaab car certaines parties du complexe des camps sont sujets aux inondations.

Cependant, la mauvaise hygiène est la principale cause de l'infection à la fois pour le choléra et l'hépatite E et les efforts du HCR dans le domaine de la santé publique dans les camps de Dadaab visent à régler ce problème. En outre, la construction de 6 000 nouvelles latrines a commencé cette semaine.

Malgré une situation sécuritaire difficile et des restrictions sur les mouvements de personnel à Dadaab, tous les services essentiels et la fourniture de l'aide aux réfugiés se poursuit sans interruption.