Les habitants continuent à fuir dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Selon les autorités locales, les déplacés internes dans les camps sont désormais au nombre de 75 000, quatre mois après des violences intercommunautaires.

Le HCR a distribué des articles de secours à des dizaines de milliers de personnes dans des villages affectés par les troubles, qui avaient débuté en juin dernier dans l'Etat de Rakhine.  © HCR Myanmar

YANGON, Myanmar, 5 octobre (HCR) - Le HCR a déclaré vendredi que, quatre mois après le début des violences intercommunautaires dans l'Etat de Rakhine à l'ouest du Myanmar, le déplacement interne augmente toujours. Les populations affectées continuent de fuir en quête de vivres, de soins de santé et d'autres types d'assistance.

« Selon les chiffres fournis par les autorités locales, on compte actuellement environ 75 000 personnes déplacées internes dans les camps de déplacés de l'Etat de Rakhine, localisés dans et autour des villes de Sittwe, Kyauk Taw et Maungdaw », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

Une hausse est donc observée par rapport au précédent chiffre de 50 000 personnes déplacés fourni par les autorités, peu après le début des troubles au début du mois de juin dernier. Début août, il y a eu une reprise des violences dans la ville de Kyauk Taw. Plus de 4 000 personnes ont vu leur maison réduite en cendres durant les attaques.

« Encore davantage de personnes seraient indirectement affectées par les violences », a indiqué Adrian Edwards. « La communauté humanitaire est engagée pour venir en aide à toutes les communautés affectées selon les principes humanitaires d'humanité, d'impartialité et de neutralité. »

Malgré cette tendance en hausse pour les déplacements, il y a également eu des retours. Depuis juin, par exemple, de nombreux déplacés dont les maisons sont intactes dans la ville de Sittwe sont rentrés chez eux. Un calme fragile règne mais la situation reste tendue.

Les mouvements sont toujours restreints dans certaines parties de l'Etat de Rakhine, empêchant certains villageois d'aller travailler, d'accéder aux marchés, d'acheter de la nourriture, de bénéficier de soins de santé et d'aller à l'école. Désespérées, ces personnes quittent les villages en quête de vivres et de soins médicaux dans les camps de déplacés.

« Avec ses partenaires humanitaires, le HCR plaide pour un meilleur accès humanitaire et pour apporter un soutien à ces villages. Nous espérons qu'en fournissant une aide dans les villages d'origine, les agences humanitaires pourront éviter d'autres déplacements de population et faciliter par leur appui un éventuel retour des déplacés », a indiqué Adrian Edwards.

Dans le cadre de la réponse interagence dans l'Etat de Rakhine, le HCR a distribué des articles d'aide à quelque 54 000 personnes dans les sites de déplacés. Parmi ces articles, on compte des bâches en plastique, des matelas, des couvertures, des moustiquaires et des ustensiles de cuisine. Nous apportons également un appui dans la construction d'abris temporaires qui peuvent héberger environ 10 500 personnes. Parallèlement, la communauté humanitaire apporte son aide par la distribution d'articles essentiels dans les camps de déplacés qui sont gérés par les autorités, en s'assurant que les déplacés reçoivent de la nourriture, de l'eau potable, des soins de santé et que des installations sanitaires ont été montées - et ce jusqu'à ce que la situation soit suffisamment stabilisée pour un retour des déplacés dans leurs villages d'origine.