Augmentation de 85 000 déplacés au Mali par rapport aux derniers chiffres connus

On compte désormais 203 845 déplacés au Mali selon les estimations du HCR et de ses principaux partenaires. L'estimation précédente s'élevait à 118 795.

Ces Maliennes ont fui les combats dans le nord du pays et ont trouvé abri dans la ville de Sevare. Il y aurait plus de 200 000 personnes déplacées internes au Mali.  © HCR/Y.Djigo

Genève, 2 novembre (HCR) - L'agence pour les réfugiés des Nations Unies a annoncé vendredi que les nouvelles données statistiques sur le Mali montrent qu'il y a 85 000 personnes déplacées de plus à l'intérieur des frontières du pays par rapport aux précédentes estimations.

Le porte-parole Adrian Edwards a indiqué aux journalistes de Genève que, selon la Commission sur les mouvements de populations au Mali, un groupe de travail mis en place dans le cadre du groupe inter-agences sur la protection dirigé par le HCR, au moins 203 845 personnes sont déplacées. L'estimation précédente s'élevait à 118 795 personnes déplacées.

« Cette révision des chiffres s'explique en partie par un meilleur accès de la Commission aux régions du Nord, mais aussi par un meilleur comptage des personnes déplacées dans la capitale malienne Bamako grâce au travail effectué par l'Organisation internationale pour les migrations. A Bamako, le nombre de personnes déplacées était estimé à 46 000 en septembre au lieu des 12 000 de juin et juillet derniers » a indiqué Adrian Edwards.

Cependant, certaines sources font état de nouveaux déplacements de personnes ayant fui l'insécurité générale, les abus de droits humains dans le nord du pays, la peur d'une intervention militaire imminente mais aussi la perte de leurs moyens de subsistance et un accès limité aux services essentiels.

Adrian Edwards a rapporté qu'on avait également pu constater l'arrivée de nouveaux réfugiés dans les pays frontaliers. Au Niger, 3 853 réfugiés sont arrivés en septembre et octobre tandis qu'au Burkina Faso, ils étaient 1 000 le mois dernier. Pour le HCR et ses partenaires, l'accès aux réfugiés devient de plus en plus difficile au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie.

« Le risque d'enlèvement des travailleurs humanitaires signifie que nos équipes doivent assurer leurs déplacements sur le terrain accompagnées d'escortes armées. De fréquentes alertes de sécurité limitent notre accès aux camps et notre capacité à assister les réfugiés », a ajouté Adrian Edwards.

Au Burkina Faso, le HCR a procédé au transfert volontaire des réfugiés maliens depuis le camp de Ferrerio et le site de Deou Tamachek dans la province du nord de l'Oudalan vers un site plus au sud à Goudébou.

Ferrerio accueille 9 700 réfugiés et Deou en abrite 2 100 autres. Jusqu'à présent, 400 personnes ont été transférées depuis ces sites vers Goudebou. Un nouveau convoi de 200 réfugiés en provenance de Ferrerio est prévu ce vendredi. D'autres convois en provenance d'autres sites sont programmés pour les prochaines semaines.

La situation de sécurité est également préoccupante au Niger. Les écoles n'ont pas encore ouvert leurs portes dans les camps car les classes sont encore en construction. Le HCR redoute qu'en l'absence d'école, les enfants et les adolescents ne retournent au Mali où les risques de recrutement forcé par divers groupes armés sont importants.

A ce jour, le HCR a reçu 41,7% des 153,7 millions de dollars nécessaires pour venir en aide aux réfugiés et aux déplacés maliens.